Les suites des déclarations de Nathalie Simard - Véronique Cloutier veut vivre sa peine loin du regard des médias

Bien qu’elle condamne les gestes commis par son père, Véronique Cloutier n’en prévient pas moins: «Ma relation avec mon père ne regarde que moi.»
Photo: Jacques Grenier Bien qu’elle condamne les gestes commis par son père, Véronique Cloutier n’en prévient pas moins: «Ma relation avec mon père ne regarde que moi.»

Au lendemain de l'entrevue émouvante de Nathalie Simard, Véronique Cloutier est sortie de son mutisme pour offrir son appui aux victimes de son père et demander aux médias de la laisser vivre en privé son deuil d'une vie qui, jusqu'à tout récemment, lui «semblait parfaite».

Assaillie par une multitude de demandes d'entrevue depuis que la victime de son père a révélé son drame au grand jour mardi, l'animatrice s'est résignée à faire une courte déclaration publique, au cours d'un point de presse impromptu hier soir, au terme duquel elle n'a pas répondu aux questions des journalistes.

«Je remercie ceux et celles qui respectent qu'un drame familial ne se vit pas sur la place publique. Ma relation avec mon père ne regarde que moi», a-t-elle affirmé après avoir précisé qu'elle ne voulait surtout pas voir les projecteurs se tourner vers elle.

La jeune mère a eu de bons mots pour la principale victime de son père, qu'elle dit appuyer dans sa démarche qui consiste à «vouloir une vie normale, comme la vôtre et la mienne. Je lui souhaite sincèrement tout le bonheur qu'elle mérite».

Elle condamne sans détour les gestes commis par son père. «En tant que mère de famille, je suis touchée par toute cette histoire et considère ces agressions comme inacceptables. Il a été accusé et condamné et il paie maintenant pour ses erreurs. Justice a été rendue et je ne peux rien faire pour changer les choses ou réparer le mal qui a été fait», a-t-elle déclaré, enjoignant au public et aux médias de ne pas mélanger sa vie personnelle et sa vie professionnelle.

Celle que tout le monde appelle Véro a offert une réponse sans équivoque à la question qui en chicotait plusieurs, et que Paul Arcand a posée sans détour avec insistance hier à Nathalie Simard: savait-elle? «Je n'ai rien vu venir, pas plus que les membres de ma famille.»

«Personne ne peut savoir ce que l'on sent lorsque la sûreté du Québec vient sonner chez vous à 7h un matin pour vous annoncer que votre père a été arrêté pour agression sexuelle, sur une mineure, que vous connaissez. Personne ne peut comprendre à moins de l'avoir vécu», a-t-elle raconté d'une voix où s'entremêlaient un aplomb impressionnant et des pointes de trémolos.

Elle demande maintenant qu'on lui laisse le temps et, surtout, l'intimité nécessaires pour «faire le deuil d'une vie qui [lui] semblait parfaite», pour «accepter non pas le geste, mais le drame tout simplement».

«Divertir, c'est mon travail. Je suis dans le milieu artistique et le public n'a pas à subir mes tourments personnels. Ce qui signifie que, lundi, je serai derrière le micro avec la même passion et le même enthousiasme», a promis la femme, qui tente de rester «forte» pour assumer ses «responsabilités personnelles et professionnelles».

La jeune femme n'a formulé aucun commentaire sur la poursuite au civil de 1,2 million intentée mercredi par Nathalie Simard contre Guy Cloutier et l'entreprise qui gérait sa carrière, Novem. En juillet dernier, soit quatre mois après l'arrestation de son père, Véronique Cloutier avait racheté l'entreprise paternelle.

Guy Cloutier a été condamné à 42 mois de prison pour agression sexuelle en décembre dernier et purge sa peine dans un centre de détention de Laval.