Pourquoi pas le train plutôt que l'autoroute 25?

Québec doit investir les 383 millions de dollars prévus pour prolonger l'autoroute 25 vers Laval dans un réseau ferroviaire moderne et rapide qui desservirait l'est de Laval et la région de Repentigny, une municipalité déjà dotée d'un pont ferroviaire qui la relie à l'île de Montréal.

Cette solution, «la seule véritable», a déclaré hier au Devoir le président du Conseil régional de l'environnement de Montréal, Robert Perreault, est d'autant plus plausible désormais que Québec ne peut plus plaider qu'il n'a pas l'argent nécessaire pour développer ce réseau ferroviaire alors qu'il en a suffisamment pour construire une autoroute et un nouveau pont.

Au début, a précisé M. Perreault, Québec alléguait qu'il n'aurait rien à payer parce que le secteur privé allait absorber la facture dans le cadre d'un PPP innovateur. Mais avec le temps, Québec s'est ravisé et reconnaît maintenant qu'il devra investir d'importantes sommes à même les fonds publics. Ce sont ces sommes dont il faut maintenant déterminer le meilleur usage, a précisé le porte-parole du CRE de Montréal.

Pour Robert Perreault, un système de trains efficaces et rapides pour desservir la rive nord diminuerait la circulation automobile et assurerait le développement de ces secteurs de la rive nord tout en offrant d'importantes possibilités de développement à l'est de Montréal, qui bénéficierait du passage de ces trains rapides.

Voilà pourquoi, a ajouté M. Perreault, il faut que la consultation publique «boiteuse» qui s'amorce devant le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) sur le projet de l'autoroute 25 soit redressée afin d'inclure toutes les données sur l'identité et les modalités du partenariat public-privé envisagé par Québec. Dans une audience, a dit M. Perreault, il est essentiel, si on veut que le public puisse se prononcer sur le bien-fondé d'un projet, qu'il connaisse le partage des responsabilités entre les éventuels partenaires, leur identité, les modalités du financement public-privé, les règles de transparence qui régiront la gestion de cet équipement public par des partenaires privés, le partage des bénéfices et les tarifs d'utilisation, toutes choses que Québec a éliminées du débat «probablement de façon illégale en présentant un concept plutôt qu'un projet avec un promoteur clairement identifié, comme l'exige la loi».

Selon le président du CRE de Montréal, cet «allégement» du dossier envoyé en audience non seulement met en cause la crédibilité du BAPE mais concourt doublement à placer le dossier sur le mode «fast track» car, en plus, le ministre de l'Environnement, Thomas Mulcair, a éliminé la période d'information de 45 jours appliquée à tous les dossiers, ce qui aurait reporté le dépôt des mémoires à la fin de l'été.