Joseph Ratzinger: des positions tranchées

Paris — Voici quelques-unes des prises de position du cardinal Joseph Ratzinger, devenu mardi le pape Benoît XVI, sur l'évolution de l'Eglise et les grandes questions de société :

Laïcité

- «Nous sommes passés d'une culture chrétienne à un laïcisme agressif et par moments intolérant», déclare Joseph Ratzinger en novembre 2004. Le «laïcisme commence à se transformer en une idéologie qui s'impose par le biais de la politique et ne concède pas d'espace public à la vision catholique et chrétienne, laquelle risque ainsi de devenir quelque chose de purement privé».

Ordination des femmes

- Joseph Ratzinger affirme en 1997 que le «non» de l'Eglise catholique au sacerdoce féminin est «pour toujours» et que les fidèles qui refusent cette doctrine sont de fait excommuniés. Il réaffirme le caractère «infaillible» de l'enseignement de la doctrine refusant le sacerdoce féminin.

Avortement et euthanasie

- En 1991, il dénonce «la complicité des États qui permettent que des moyens colossaux soient consacrés» à l'avortement et à l'euthanasie, «pour supprimer des personnes, à l'aube de leur vie ou quand leur vie est rendue vulnérable par un incident ou par une maladie, et lorsqu'elle est proche de sa fin». En 1999, il estime que la pilule abortive est «une perversion de la médecine». Il s'agit «d'un moyen de tuer, avec lequel on ne s'aperçoit même pas que l'on tue».

Homosexualité

- En juillet 2003, un document du Vatican signé par Joseph Ratzinger dénonce toute tentative de légaliser des unions entre homosexuels et rappelle le «devoir moral» des hommes politiques catholiques de s'y opposer par tous les moyens. Le document rappelle que «le respect envers les personnes homosexuelles ne peut en aucune façon conduire à l'approbation du comportement homosexuel ou à la reconnaissance juridique des unions homosexuelles».

Théologie de la libération

- Joseph Ratsinger déclare en mars 1997 dans une interview à l'Express: «Certes, les chrétiens doivent réaliser leur foi dans la vie politique et sociale, surtout dans des contextes de pauvreté et d'injustice. Mais la politisation de la théologie et la théologisation de la politique sont des dérives dangereuses et inacceptables. J'ai d'ailleurs toujours été surpris que les défenseurs de la laïcité ne protestent pas davantage contre les prétentions de la théologie de la libération à dominer la vie politique».

Musique

- En 2001, il critique le rock comme «l'expression de passions élémentaires qui, dans les grands rassemblements musicaux, a assumé des caractères de culte, ou mieux de contre-culte qui s'oppose au culte chrétien». Quant à la musique pop, «il s'agit, à mon avis, d'un phénomène de masse, d'une musique produite avec des méthodes et à une échelle industrielle et que l'on peut qualifier désormais de culte de la banalité». Il accuse la musique d'opéra d'avoir «rongé le sacré» au siècle passé.

Turquie

- En 2004, Joseph Ratzinger a multiplié les interventions pour dire son opposition à une intégration de la Turquie à l'Union européenne, qualifiée «d'énorme erreur». L'Europe est «un continent culturel et non géographique» et la Turquie «a toujours représenté un autre continent au cours de l'histoire, en contraste permanent avec l'Europe», a-t-il déclaré.