Benoît XV, le pape de la paix

Paris — Benoît, le nom choisi par le cardinal Joseph Ratzinger pour devenir le 265e pape, est l'un des plus usités dans l'histoire de la papauté et reste surtout associé à celui de Benoît XV, le pape de la paix.

Benoît XV était Giacomo della Chiesa, né à Gênes le 21 novembre 1854 et mort le 22 janvier 1922. Elu le 3 septembre 1914, alors que la Première Guerre mondiale vient d'éclater, Benoît XV est resté dans l'histoire comme un pape qui a voulu rétablir la force du droit international face aux conflits armés. Il a maintenu la neutralité du Vatican et s'est impliqué beaucoup pour la paix, puis pour la Société des Nations. Il admirait Aristide Briand et rétablit en 1921 les relations diplomatiques avec la France qui avaient été rompues en 1904.

Il fut notamment l'auteur de l'encyclique Maximum Illud, en 1919, plaidant pour que les activités missionnaires des catholiques soient nettement séparées des activités coloniales des pays occidentaux.

Sous son règne avait également été enregistré un regain de ferveur pour l'eucharistie, à laquelle le pape défunt Jean Paul II avait dédié l'année en cours.

Le premier pape à se nommer Benoît remonte à 575, mort en 578, pendant l'une des périodes les plus confuses du VIe siècle. Il n'a pas laissé beaucoup de traces.

Benoît de Nursie (480-547), à l'origine du nom papal, est considéré comme un saint patron de la chrétienté occidentale et le fondateur de l'institution monastique, le monachisme, en Occident. Benoît était un noble de Nursie, en Ombrie (Italie centrale), que ses parents aisés destinaient à une carrière administrative. À quinze ans, il est envoyé à Rome faire des études de droit. Mais il finit par choisir de fuir les tentations de la grande ville pour se réfugier dans une grotte où un ermite accepte de lui servir de guide dans sa quête de Dieu. Il est ensuite invité à devenir le père abbé d'un monastère voisin, où les moines vont toutefois se raviser et tenter de l'empoisonner face à sa volonté de les sanctifier et de les réformer. Il retourne alors dans sa grotte de Subiaco où des disciples viennent le rejoindre. Il les organise en prieuré, avant de se réfugier en 529 avec ses compagnons dans les ruines d'une forteresse au Mont-Cassin, situé en Italie, entre Rome et Naples, et qui deviendra le premier monastère bénédictin.

Il y mourra en 547, la même année que sa soeur jumelle, Sainte Scholastique. Leurs reliques, dérobées durant le Moyen Âge, sont désormais conservées sur les bords de la Loire, à l'abbaye de Fleury-sur-Loire, devenu Saint-Benoît-sur-Loire.