Un an après le décès de Mahsa Amini, le Québec marche en soutien à l’Iran

Des protestataires manifestent à l’occasion du premier anniversaire de la mort de Mahsa Amini, samedi, à Rome.
Mauro Scrobogna La Presse via Associated Press Des protestataires manifestent à l’occasion du premier anniversaire de la mort de Mahsa Amini, samedi, à Rome.

Un an jour pour jour après la mort de Mahsa Amini, une étudiante iranienne de 22 ans décédée dans des circonstances nébuleuses trois jours après avoir été arrêtée par la police iranienne des moeurs, la colère du peuple iranien n’a pas faibli, pas plus que le vent de solidarité qui souffle à travers le monde envers les résidents de ce pays qui cherchent à s’émanciper de l’oppression.

Une marche pacifique a lieu ce samedi à Montréal pour témoigner à nouveau de la solidarité des Québécois envers les Iraniens. Elle devait s’amorcer à 14 h devant l’Université McGill.

En Iran, le mouvement Femme, vie et liberté a été formé en réaction au décès de Mme Amini, dont le seul « crime » aurait été de ne pas avoir porté adéquatement le hidjab.

Après l’annonce de sa mort, des vagues de protestations massives ont créé il y a plusieurs mois un mouvement à travers le pays pour réclamer un changement du régime théocratique en place, et celui-ci ne s’est toujours pas essoufflé.

Malgré cela, les manifestations ont donné lieu à de violentes répressions de la part des autorités, qui ont procédé à des dizaines de milliers d’arrestations et de condamnations jugées arbitraires. Entre 300 et 500 personnes ont aussi perdu la vie durant ces rassemblements, ce qu’a dénoncé Amnistie Internationale.

Une délégation de Québec solidaire était présente à la manifestation pour témoigner de la solidarité des Québécois envers le peuple iranien.

« Aujourd’hui, au Québec, il est important de commémorer cet événement-là, de témoigner de la solidarité de tout le peuple québécois, des élus du Québec qui veulent envoyer un message au gouvernement iranien pour leur dire qu’ils sont du côté de la population », a indiqué en entrevue la députée de Mercier, Ruba Ghazal.

Motion à l’Assemblée nationale

Celle-ci rappelle qu’en décembre 2022, l’Assemblée nationale avait adopté à l’unanimité une motion transpartisane qu’elle avait déposée en chambre pour condamner la répression des femmes en Iran.

« Tous les élus de l’Assemblée nationale sont solidaires de ce soulèvement populaire », a-t-elle souligné.

Ce front uni devra envoyer à Ottawa le message qu’il faut être encore plus ferme face aux autorités iraniennes.

Mme Ghazal espère davantage de sanctions de la part du gouvernement fédéral. « Nos gouvernements ne doivent faire absolument aucun geste qui pourrait légitimer ce gouvernement de tyrans », a-t-elle martelé.

Au cours de la dernière année, le gouvernement canadien a adopté de nombreuses sanctions face à l’Iran. Plusieurs dirigeants du régime et certains de ses sympathisants, qu’il s’agisse d’individus ou de personnes morales, ont été inscrits sur une liste noire les empêchant de séjourner au Canada ou d’y posséder des avoirs. Les plus récentes inscriptions ont eu lieu vendredi.

Une marche en soutien au peuple iranien avait eu lieu à Montréal le 9 juin dernier.

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