Des Québécois rescapés de l'incendie du Paris-Opéra

Paris — Trois Québécois sont sortis indemnes de l'incendie qui a fait au moins 20 morts la nuit dernière dans un hôtel de Paris.

Quatre autres, logés dans l'hôtel voisin, ont assisté au drame, impuissants.

L'ambassade du Canada a confirmé hier après-midi que les trois hommes logeaient au Paris-Opéra depuis le 10 avril et qu'ils s'y trouvaient au moment où l'incendie s'est déclaré. Ni leur identité ni leur âge n'ont été révélés. Les trois rescapés ont refusé les demandes d'entrevue.

«L'un d'eux a été très légèrement blessé. Les deux autres n'ont rien», a indiqué le porte-parole de l'ambassade, Normand Smith.

Selon l'ambassade, les trois Québécois — qui habitent dans la région de Montréal — se trouvaient dans la capitale française dans le cadre d'un «voyage d'affaires et de vacances».

«Ils nous ont indiqué que la blessure très légère subie par l'un d'eux ne remettait pas en question leur séjour», a poursuivi M. Smith.

Pris en charge dans la nuit par les pompiers de Paris et les services de secours, les trois hommes se sont présentés au service consulaire en début d'après-midi, d'où ils devaient contacter leurs proches pour les rassurer. Ils devaient ensuite se rendre dans les bureaux de la police judiciaire, où on désirait recueillir leur témoignage.

Quatre autres Québécois, tous résidants d'Oka, occupaient par ailleurs deux chambres dans l'hôtel voisin du Paris-Opéra, l'Antin-Trinité, rue de Provence, dont tous les clients ont été évacués.

Monique et Lucie Béliveau, deux soeurs, accompagnées de leurs conjoints, venaient juste d'entreprendre leurs vacances à Paris.

«Nous avons été réveillés vers 2h30 par des cris de détresse et des bruits de verre. On pensait que c'était une bagarre, a raconté Monique Béliveau à LCN. Nous sommes allés voir par la fenêtre. Mon mari a vu quelqu'un sauter par une fenêtre de l'hôtel voisin. Sur le trottoir, il y avait deux ou trois personnes par terre.»

L'hôtel a été évacué. Monique Béliveau et ses proches ont «fait leurs bagages en vitesse» et se sont retrouvés dehors, sous la pluie, attendant les directives des pompiers et des policiers.

«Lorsqu'on est sortis, on voyait les gens aux fenêtres de l'hôtel, a-t-elle poursuivi. C'était difficile de les entendre crier à l'aide. Nous étions impuissants. C'était vraiment difficile.»

Dans la journée, les quatre Québécois ont pu retourner dans leur hôtel, qui n'a subi aucun dommage.