Les plateformes pétrolières ne seront pas évacuées au large de Terre-Neuve

Saint John's, T.-N. — L'industrie énergétique de Terre-Neuve a abandonné l'idée d'évacuer trois plateformes pétrolières au large de la province en prévision du lancement, la semaine prochaine, d'un satellite des forces aériennes américaines.

Les responsables des plateformes avaient décidé d'évacuer celles-ci parce qu'ils craignaient que des débris ne tombent sur la plateforme géante Hibernia et deux autres installations pétrolières se trouvant dans le nord de l'Atlantique.

«Nous avions certaines inquiétudes et pas beaucoup de renseignements», a déclaré hier Howard Pike, chef de la sécurité pour l'Office Canada-Terre-Neuve des hydrocarbures extracôtiers.

L'Office et les compagnies pétrolières ont changé d'idée après avoir discuté avec des dirigeants des forces aériennes des États-Unis et du gouvernement américain. Les explications fournies leur ont permis de mieux comprendre comment sera lancé le satellite, a indiqué M. Pike. «Aucun plan d'évacuation du personnel n'est prévu, a dit M. Pike. Les activités se poursuivront de façon normale.»

On craignait que la fusée d'accélération, qui sera larguée par le Titan IVB une fois le carburant épuisé, puisse tomber près de la plateforme Hibernia. Celle-ci est située à 315 kilomètres au sud-est de Saint-John's.

Le lancement du satellite depuis le cap Canaveral, en Floride, pourrait avoir lieu dès lundi.

La plateforme Hibernia est à moins de deux kilomètres de la zone dangereuse délimitée par le commandement spatial des forces aériennes américaines.

Le premier ministre Danny Williams a reçu l'assurance que si la fusée ne suit pas la trajectoire prévue, on pourra l'éliminer avant qu'elle ne puisse causer des dommages.

«Les forces aériennes américaines sont en mesure de détruire la fusée en cas d'un imprévu, si la fusée d'accélération devait tomber hors de la zone de sécurité déterminée», a déclaré M. Williams par voie de communiqué.

Le premier ministre de Terre-Neuve a provoqué toute une série de manoeuvres diplomatiques, la semaine dernière, quand il s'est dit inquiet des risques reliés au lancement du satellite.