Modeler l'acier à la sauce médiévale

Photos Lio Kiefer - Aux Forges du Dragon, il y a bien sûr les inévitables références au médiéval, comme sur cette lampe extérieure ou intérieure qui prend les formes d’une gorgone éprise d’un globe de verre blanc.
Photo: Photos Lio Kiefer - Aux Forges du Dragon, il y a bien sûr les inévitables références au médiéval, comme sur cette lampe extérieure ou intérieure qui prend les formes d’une gorgone éprise d’un globe de verre blanc.

D'un escalier à une clôture, d'une épée médiévale à une gorgone en forme de lampe, d'une assise de table à une statue géante, les Forges du Dragon ont pour l'acier toutes les aptitudes. Il suffit de présenter un projet, un dessin, une idée.

L'aventure des Forges du Dragon est plutôt récente. Il y a sept ans, Gilles Pothel était conducteur de machinerie lourde. Une vie de famille plutôt calme et le désir tout simple de vivre une vie... de conducteur de machinerie lourde. Certes, des curiosités et des aptitudes, comme chercher la panne, modifier une structure motorisée ou souder tout ce qui est soudable. Et une propension à dessiner et à faire des recherches de formes, de moulages.

Mais la vie bascule: un divorce et trois enfants en bas âge. Il fallait travailler encore plus fort. C'est alors que Gilles commence à bricoler l'acier dans son garage. La ferronnerie d'art devient le second emploi, la seconde manne financière. Ce n'est pas par instinct qu'il travaille l'acier, c'est pour survivre. Il le dit tout simplement en ces termes: «C'est parce que j'avais faim et que je devais tout à mes enfants.»

De petits en grands projets, Gilles se fait une réputation.

Les heures s'accumulent, les bobos également. Tombe malade. Pendant la convalescence, la décision est prise: c'est la ferronnerie d'art qui prendra tout son temps.

Il s'installe dans un grand hangar et donne au dragon les moyens de sa forge.

Aujourd'hui, Gilles Pothel a une feuille de commandes qui s'étale sur six mois. Des demandes de particuliers qui veulent une exclusivité en fonction de leur intérieur, que cela soit sous la forme d'une rampe d'escalier, d'un escalier au complet ou d'une sculpture selon leurs rêves.

Il y a bien sûr les inévitables références au médiéval, là où la lampe extérieure ou intérieure prend les formes d'une gorgone éprise d'un globe de verre blanc. Ce sont les pieds d'une table qui dragonnent ou les piquets d'une clôture qui revendiquent la forme d'une hallebarde.

Ce sont des décorateurs qui l'invitent à exécuter un contour de foyer, une porte mitoyenne ou un décor édulcoré. Ce sont aussi des projets un peu plus fous, comme celui d'un duo d'amis qui se sont fait prendre en photo pendant les vacances devant une statue géante d'un hippocampe qui avait un enfant pour monture. Ils veulent la même, en acier, installée dans le jardin de l'un des deux compères.

C'est aussi la mairie de Rawdon qui lui commande une série de bancs en acier et en bois pour une placette nommée place Multiethnique, globe terrestre à la clé. Ou ce sont des magasins qui veulent des grilles de protection faisant également dans l'esthétique.

Mais ce sont surtout des individus qui ont fait le choix entre des sculptures ou des structures fabriquées en Chine à des prix très bas et les travaux du dragon, qui ont une identité contrôlée et, bien sûr, un prix plus élevé.

Avec une seule composante: l'acier.

Aux Forges du Dragon

Rawdon

(450) 834-3156