Le mariage de Charles et de Camilla est jugé réussi par la presse

Le prince Charles et sa toute nouvelle épouse, la duchesse de Cornouailles, ont assisté hier matin à la messe à la paroisse de Crathie, non loin de la résidence écossaise où ils ont entamé la veille au soir leur lune de miel.
Photo: Agence Reuters Le prince Charles et sa toute nouvelle épouse, la duchesse de Cornouailles, ont assisté hier matin à la messe à la paroisse de Crathie, non loin de la résidence écossaise où ils ont entamé la veille au soir leur lune de miel.

Londres — Le mariage du prince Charles a été jugé réussi par la presse, chaleureuse envers la nouvelle duchesse de Cornouailles, mais les Britanniques préfèrent toujours que le fils aîné du prince, William, soit leur prochain roi.

«Enfin»: la réaction était presque unanime à la une de la presse britannique hier, au lendemain de la célébration de l'union du prince de Galles avec Camilla désormais duchesse de Cornouailles, dans le décor très royal de Windsor.

«Les oiseaux de mauvais augure en ont été pour leurs frais. Le soleil brillait et il n'y a pas eu de couac», se félicitait ainsi The Observer.

Prompte à railler le prince de Galles et l'amour de sa vie depuis l'annonce, le 10 février, de leur mariage civil, la presse britannique avait opté pour un ton plus révérencieux hier. Les commentateurs soulignaient même «le chic simple» des tenues de la nouvelle Mme Windsor à la mairie, puis à la chapelle Saint-George, au sein du château, pour la bénédiction religieuse.

Si certains analystes craignaient que le remariage de Charles, après la débâcle de son mariage «conte de fées» avec Diana, porte un nouveau coup à la monarchie britannique, il n'en a rien été.

«C'était un événement modeste, selon les critères royaux du moins; mais c'était joyeux et, même si c'était inattendu, cela a semble-t-il beaucoup plus touché les gens que la plupart des cérémonies royales», a ainsi estimé l'Observer, l'édition dominicale du Guardian (centre-gauche).

Ce mariage pourrait laisser présager «une relation plus harmonieuse entre la famille royale et ses sujets», a espéré le journal.

«Cette union pourrait marquer un nouveau départ [pour le prince Charles] et lui offrir la possibilité de toucher le peuple comme il n'a jamais réussi à le faire jusque-là», écrivait le Sunday Times.

Souvent décrite comme une mégère, Camilla est en tout cas ressortie grandie de cette journée de samedi. «Elle ne s'apitoie pas sur elle-même, elle a les pieds sur terre et elle fait preuve d'une irrévérence tout à fait saine», ajoutait le Times, y voyant même un atout pour son mari.

Une « relique »

Héritier direct de la couronne de sa mère, Elizabeth II, le prince de Galles a en effet un problème d'image auprès des Britanniques dont beaucoup n'ont toujours pas accepté son attitude envers Diana et n'en veulent pas comme roi.

«Cela aiderait s'il avait moins l'air d'une relique de l'époque victorienne», soulignait le Sunday Times, publiant un sondage inquiétant pour le futur (éventuel) Charles III.

D'après l'institut YouGov, seuls 21 % des Britanniques pensent qu'il serait le roi idéal pour le pays, 60 % préféreraient son fils aîné, William, 22 ans. Et la claque est encore plus retentissante du côté des femmes, qui se prononcent à 68 % en faveur du jeune prince.

Si Charles a du travail en perspective pour convaincre ses sujets, la duchesse de Cornouailles fait face à une tâche encore plus insurmontable: selon YouGov, 73 % des Britanniques n'en veulent pas comme reine.

Buckingham Palace a été clair: si Charles devait monter sur le trône, Camilla ne porterait que le titre de princesse consort. Mais cette précision sémantique pourrait ne pas suffire à rassurer l'opinion.

Critiques à l'égard de leur famille royale, les Britanniques sont cependant loin d'être devenus des révolutionnaires, et ce, quels que soient les défauts de leurs souverains: pas plus de 22 % des personnes interrogées par l'institut Mori sont ainsi favorables à une république, une progression de trois petits points seulement depuis 1969.

Lune de miel

Par ailleurs, le prince Charles et sa toute nouvelle épouse la duchesse de Cornouailles ont assisté hier matin à la messe à la paroisse de Crathie, non loin de la résidence écossaise où ils ont entamé la veille au soir leur lune de miel. Quelque 200 personnes et des dizaines de paparazzis avaient bravé le vent glacial pour venir féliciter les nouveaux mariés et les prendre en photo. Le couple a salué en arrivant à bord de son Audi gris métallisé, Charles en kilt et Camilla en manteau fuschia.

Après le sermon, qui n'a pas du tout évoqué leur présence, le couple a bavardé quelques instants avec les villageois et serré des mains avant de regagner Birkhall, leur manoir du XVIIIe siècle, sur le domaine royal de Balmoral.

Birkhall avait été acheté au XIXe siècle par le mari de la reine Victoria, le prince Albert. C'est là que résidait la très aimée «Queen Mum», la reine mère, lorsqu'elle venait à Balmoral. À sa mort en 2002, elle l'a légué à son petit-fils Charles.

Après son mariage avec le prince Philip, la reine Elizabeth II a passé une partie de sa lune de miel dans cette propriété. Tout comme le prince Charles après son premier mariage, avec lady Diana, en 1981, après une croisière en Méditerranée.

Le duc et la duchesse de Rothesay — titres officiels de Charles et Camilla lorsqu'ils sont en Écosse — devraient y rester une dizaine de jours.