OGM - BT 10: Syngenta devra verser une amende de 460 000 $

À l'amende. L'entreprise suisse Syngenta s'est vue imposer hier une amende de 460 000 $ par les autorités américaines pour avoir répandu pendant quatre ans dans l'environnement des semences de maïs génétiquement modifié, le Bt 10, dont la vente n'a pas été autorisé. Le Canada, où cet OGM illégal a été planté dans les champs du Québec et de l'Ontario, l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) pourrait en faire tout autant.

«L'enquête se poursuit, a précisé hier Alain Charette, porte-parole de l'Agence, nous devons établir les faits, en premier. Les compagnies qui contreviennent à la loi canadienne sur les semences s'exposent toutefois à des amendes variant de 50 000 $ à 250 000 $ et à des peines d'emprisonnement allant de six mois à deux ans.»

À ce jour, près de 86 acres de ce maïs ont été découvert au pays. Ce chiffre représente toutefois une goutte d'eau au milieu des

35 000 acres contaminés au Bt 10 identifiés aux États-Unis.

Selon les informations obtenues par Le Devoir, Syngenta poursuit actuellement son enquête au Canada afin de retracer les endroits où ses semences sans autorisation de vente se seraient retrouvées. Le géant de l'agrochimie en fait autant d'ailleurs en Argentine, au Japon, en Afrique du Sud et en Uruguay où le Bt 11, comme aux États-Unis et au Canada, est commercialisé. Dans les dernières années, le Bt 10 a pris la place de cet OGM dans plusieurs sac de semence, par accident. Les deux semences sont de même parenté et produisent une protéine similaire, ce qui les rend difficiles à distinguer.

«Il est prématuré de dire combien cela va nous coûter, a expliqué Markus Payer, porte-parole de l'entreprise, joint hier au téléphone en Suisse. Cette erreur ne fait toutefois peser aucun risque pour la santé ou pour l'environnement.» Élément d'une lignée, le Bt 10 a été mis à l'écart par l'entreprise, comme plusieurs autres semences, selon lui, en raison d'une moins bonne performance, comparativement au Bt 11.

L'erreur d'ensachage n'inquiètent pas outre mesure les producteurs de maïs du Québec qui n'ont pas l'intention de se plaindre ou d'intenter des recours contre le géant Suisse de la biotechnologie. «Ce n'est pas la première fois que [ce genre d'erreurs] arrive, a commenté plus tôt cette semaine Denis Couture, président de la Fédération des producteurs de cultures commerciales. S'il y a eu des problèmes de rendements, les producteurs devraient recevoir des compensations sur une base individuelle.»