Montréal-Blainville - Les passagers continuent de se plaindre du train

Bris mécaniques, passagers laissés en plan sur le quai, wagons bondés... les semaines passent, mais le sort des usagers du train de banlieue Montréal-Blainville ne s'améliore pas beaucoup. Les efforts déployés au cours des derniers mois par l'Agence métropolitaine de transport (AMT) pour pallier la dégradation de ses équipements ne suffisent pas à calmer l'exaspération des usagers.

Hier matin, des passagers postés à la gare de Blainville ont attendu en vain un train qui n'est jamais venu. Ils voulaient prendre le train dont le départ était prévu à 7h45, mais un bris mécanique a forcé sa mise hors de service. Les usagers livrés à la pluie et au vent ont dû attendre 35 minutes pour monter dans le train suivant, à 8h20.

Ce genre d'incidents, André Blais en entend parler toutes les semaines. Lui-même un client régulier de la ligne Montréal-Blainville, il est président d'Accès Nord, un regroupement d'usagers. Après un hiver particulièrement pénible au cours duquel les incidents se sont multipliés sur la ligne de Blainville et sur celle reliant Montréal à Mont-Saint-Hilaire, l'impatience et le cynisme ont atteint des nouveaux sommets chez les usagers. «Tout le monde est tanné. Tout le monde veut qu'il y ait quelque chose qui se passe. [...] On comprend très bien que les wagons sont vieux et on comprend très bien que des bris, ça arrive, mais maintenant, qu'est-ce qu'on fait? Il n'y a pas d'actions qui sont prises», déplore M. Blais, qui dit être fatigué de «chialer».

André Blais a toutefois eu l'occasion, pour la première fois, d'adresser des demandes directement au président-directeur général de l'AMT, Joël Gauthier, lors d'une rencontre privée qui a eu lieu mercredi. Ainsi, les usagers souhaitent des améliorations en ce qui concerne la ponctualité des trains, l'information donnée aux passagers et la fréquence des trains le soir et la fin de semaine (actuellement, il n'y a pas de service la fin de semaine). «On ne demande pas un service parfait. On demande un meilleur service», résume M. Blais.

Créée pour remédier à la fermeture d'un pont entre Montréal et Laval en 1997, la ligne de Blainville a connu un succès instantané. Huit ans plus tard, 9000 passagers l'utilisent chaque jour et il s'agit de la ligne la plus rentable. L'AMT ne cesse d'ailleurs de répéter qu'elle «est victime de son succès» pour expliquer les pépins dont les usagers sont fréquemment victimes.

Ébranlée par la mauvaise presse dont elle a été l'objet à la suite de multiples incidents au cours de l'hiver, l'AMT a intensifié ses efforts pour remédier aux problèmes les plus urgents. Il y a quelques semaines, l'agence a mandaté une personne qui, à temps plein, a entrepris de vérifier l'état des systèmes de communication, tant sur les quais que dans les wagons, ainsi que celui des portes. Et l'AMT promet de proposer, sous peu, de nouvelles solutions pour améliorer son service. «On a mis en place un groupe de travail qui analyse les commentaires des clients et les sondages faits à bord des trains qu'ils comparent aux enquêtes origine-destination pour élaborer des pistes de solution à court et à moyen terme. Et on a trouvé différentes pistes. Dès que tout ça sera attaché, on sera en mesure de faire des annonces», a indiqué Manon Goudreault, porte-parole de l'AMT.

Accès Nord a noté une certaine amélioration à bord des trains au chapitre des communications, mais il reste beaucoup de travail à faire. Au sujet de la ponctualité des trains, André Blais dit entretenir de forts doutes à l'égard des données avancées par l'AMT, qui évalue le niveau de ponctualité des trains de la ligne de Blainville à 96 %. Pourtant, explique Mme Goudreault, elles sont déterminées à l'aide d'un système de localisation GPS par satellite. Quoi qu'il en soit, l'AMT a demandé aux représentants d'Accès Nord de répertorier tous les incidents qui leur sont signalés afin d'avoir un portrait plus précis de la situation.

Dans son plan triennal d'immobilisations, l'AMT a prévu une somme de 344,1 millions de dollars destinée, notamment, à rajeunir sa flotte et à moderniser son réseau, mais elle doit d'abord obtenir le financement de Québec. Les municipalités et les sociétés de transport attendent d'ailleurs depuis des années que Québec propose un financement stable aux transports en commun. Josée Delisle, attachée de presse du ministre des Transports, Michel Després, affirme que le ministre est conscient de l'importance des besoins en cette matière. Il vient de mener des consultations auprès des municipalités, des sociétés de transport et des syndicats, proposera un nouveau cadre financier pour les transports en commun, mais il faudra attendre janvier 2006 pour en connaître les détails, dit-elle.