Des obstacles en vue pour le projet de salon de jeu au Centre Bell

Les deux promoteurs du projet, le Groupe CH et Loto-Québec, souhaitent convertir un restaurant du Centre Bell en salon de jeu doté de centaines d’appareils de loterie vidéo et de bornes de paris sportifs.
Graham Hughes La Presse canadienne Les deux promoteurs du projet, le Groupe CH et Loto-Québec, souhaitent convertir un restaurant du Centre Bell en salon de jeu doté de centaines d’appareils de loterie vidéo et de bornes de paris sportifs.

L’aménagement d’un salon de jeu au Centre Bell s’annonce difficile pour Loto-Québec. L’arrondissement de Ville-Marie prévient que la société d’État devra non seulement obtenir l’approbation de la Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal avant de réaliser son projet, mais aussi s’assurer de son acceptabilité sociale. Un conseiller municipal de l’arrondissement promet déjà de s’opposer avec vigueur à sa réalisation.

Le dossier a rebondi au conseil municipal mardi quand un citoyen a interpellé le conseiller indépendant du district de Peter-McGill, Serge Sasseville, au sujet du projet de Loto-Québec et du Groupe CH, propriétaire du Canadien de Montréal, de convertir un restaurant du Centre Bell en salon de jeu doté de centaines d’appareils de loterie vidéo et de bornes de paris sportifs.

Serge Sasseville a affirmé qu’il ne se gênerait pas pour exprimer haut et fort son opposition au projet afin qu’il ne voie jamais le jour. « Je suis viscéralement opposé au projet d’ouverture d’un salon de jeu par Loto-Québec au Centre Bell, a-t-il dit. C’est un quartier où on a déjà d’énormes problèmes de criminalité, de personnes vulnérables, d’itinérance, de violence, de trafic de drogue et de prostitution. Alors il est hors de question qu’un tel projet soit ouvert au Centre Bell, en ce qui me concerne. »

Citant Bette Davis dans All About Eve, il a lancé cet avertissement : « Attachez votre ceinture parce que la route va être cahoteuse. »

Le gouvernement de François Legault a déjà fait savoir qu’avant d’aller de l’avant avec son projet, Loto-Québec devrait obtenir un avis favorable de la DRSP de Montréal et s’assurer d’une réduction nette du nombre d’appareils de loterie vidéo sur le territoire.

Comme aucun projet n’a encore été soumis à la DRSP de Montréal, celle-ci ne s’est pas encore prononcée sur le sujet.

Le salon de jeu s’installerait dans les locaux de l’ancien restaurant 1909 Taverne moderne, adjacent au Centre Bell et désormais fermé. Ce minicasino s’étendrait sur trois étages.

Règlement municipal

Le projet devra toutefois obtenir l’assentiment des élus locaux, puisque l’usage de casino ou de salle d’amusement n’est pas autorisé dans le Centre Bell dans le règlement actuel de l’arrondissement de Ville-Marie. Pour l’instant, toutefois, aucun projet n’a été déposé à l’arrondissement.

L’arrondissement de Ville-Marie se dit prêt à examiner le projet lorsqu’il lui sera soumis, mais précise qu’une « analyse rigoureuse » de ses impacts sociaux devra être menée. « Ce que nous voulons, c’est que les deux promoteurs du projet, le Groupe CH et Loto-Québec, s’assurent de l’acceptabilité sociale du projet et obtiennent un avis favorable de la Santé publique », a indiqué Simon Charron, attaché politique à l’arrondissement de Ville-Marie, que dirige la mairesse Valérie Plante.

Le 22 février dernier, après que La Presse eut révélé l’existence de ce projet de salon de jeu, le p.-d.g. de Loto-Québec, Jean-François Bergeron, avait confirmé au micro de Paul Arcand, du 98,5, que des discussions étaient en cours depuis plusieurs mois à ce sujet. « Idéalement, ça serait fait déjà », avait-il dit. « Actuellement, sur l’île de Montréal, il y a à peu près 410 portes derrière lesquelles on offre des jeux de hasard qui ne sont pas signés Loto-Québec, ça représente 3000 machines », avait-il ajouté en précisant que, selon lui, le nombre d’établissements hébergeant des machines à sous était trop élevé.

M. Bergeron avait indiqué que selon les plans, le salon de jeu serait ouvert sept jours par semaine, possiblement entre midi et 3 h le matin. Il avait reconnu que le salon de jeu serait accessible de la rue.

La mairesse Plante avait pour sa part exprimé quelques réserves. « Il doit y avoir une acceptabilité sociale. Ça, c’est primordial. On veut aussi que les promoteurs, le CH et Loto-Québec, présentent un projet qui sera acceptable pour la Direction de la santé publique », avait-elle déclaré en février dernier.

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