Une première Journée québécoise de la francophonie canadienne

Nathalie Schneider
Collaboration spéciale
L’objectif du Centre de la francophonie des Amériques est de faire connaître la réalité et la valeur ajoutée qu’apporte la francophonie canadienne à la pratique de la langue d’est en ouest.
Illustration: Luc Melanson L’objectif du Centre de la francophonie des Amériques est de faire connaître la réalité et la valeur ajoutée qu’apporte la francophonie canadienne à la pratique de la langue d’est en ouest.

Ce texte fait partie du cahier spécial Francophonie

Organiser la première Journée québécoise de la francophonie canadienne : c’est le mandat que s’est vu confier le Centre de la francophonie des Amériques par le gouvernement du Québec. Le 22 mars, ce sont toutes les communautés francophones du pays qui seront mises à l’honneur pour célébrer leur apport considérable à la langue française.

« Cela traduit l’engagement du gouvernement à affirmer sa volonté de nous réunir autour d’un projet commun pour le rayonnement du français au Canada », explique Sylvain Lavoie, président-directeur général du Centre de la francophonie des Amériques.

Son objectif est de faire connaître la réalité et la valeur ajoutée qu’apporte la francophonie canadienne à la pratique de la langue d’est en ouest. Une réalité d’autant plus cruciale dans des communautés minoritaires, comme au Nouveau-Brunswick, dont est originaire Sylvain Lavoie.

Une réalité variable

Une initiative d’autant plus cruciale qu’elle survient dans le contexte de déclin de la langue française qu’on observe aujourd’hui au Québec. « Parler le français est un choix qu’on fait et qu’on renouvelle chaque jour, affirme Sylvain Lavoie. Les 2,7 millions de francophones canadiens qui vivent hors du Québec représentent des communautés très dynamiques qui travaillent beaucoup à valoriser le français et à développer leurs communautés dans un contexte pas toujours facile. Certaines de leurs idées, de leurs initiatives ou de leurs propositions pourraient nourrir notre réflexion ici au Québec pour maintenir la vitalité de la francophonie », souligne Sylvain Lavoie.

En effet, parler le français dans le reste du Canada peut s’apparenter, dans certains contextes, à un acte de résilience. Ce qu’on ne mesure pas toujours au Québec. C’est cette réalité des communautés francophones canadiennes et leur sentiment d’appartenance à l’égard de la langue française que veut ainsi souligner cette journée du 22 mars dans le contexte du Mois de la Francophonie.

Au programme

C’est le visage de deux personnes qui ont participé à l’édition 2022 du Forum des jeunes ambassadeurs de la francophonie des Amériques qui apparaît sur le visuel de la Journée québécoise de la francophonie canadienne : Annie Desjardins, du Nouveau-Brunswick, et David Kandula, de l’Alberta, mais résidant en Ontario. Ce forum est un programme de formation en français s’adressant aux jeunes adultes des Amériques de 18 à 35 ans visant notamment à développer leur leadership et à les sensibiliser aux différents défis et différentes questions de la francophonie des Amériques.

À Montréal sera notamment organisée à cette occasion la grande finale de la Dictée P.G.L. de la Francophonie, par la Fondation Paul Gérin-Lajoie dans le cadre des festivités de la Francofête de l’Office québécois de la langue française (OQLF). C’est le milieu des entreprises qui sera ainsi interpellé pour prendre part à l’exercice. Le texte de la dictée, rédigé par l’autrice originaire du Nouveau-Brunswick, Vanessa Léger, sera lu par le ministre en personne. L’artiste fransaskoise Alexis Normand offrira également un spectacle lors de cette cérémonie. Une manière de souligner l’importance donnée à la langue internationale qu’est le français, parlé sur cinq continents, et qui s’exprime dans une multitude de secteurs d’activité, autant dans le monde de la culture que dans celui des affaires.

Une motion en lien avec la Journée québécoise de la francophonie canadienne sera également déposée à l’Assemblée nationale le 22 mars par Jean-François Roberge, ministre de la Langue française et ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne.

Le Centre de la francophonie des Amériques

Ce mandat confié par le gouvernement du Québec vient souligner les 15 années d’actions sur le terrain, menées partout sur le continent par le Centre de la francophonie des Amériques. En effet, l’organisme développe des initiatives avec de nombreux partenaires autour de cinq axes de la francophonie : l’économie, l’éducation, la culture, les communications et la recherche.

À titre d’exemple, il met à la disposition des francophones, mais aussi des francophiles, la Bibliothèque des Amériques, avec des prêts numériques gratuits, faisant ainsi la promotion des auteurs et des autrices du Québec, mais aussi de l’Acadie, de l’Ontario ou, encore, de la Louisiane. À cela s’ajoutent des médiations littéraires avec des enseignants de la Colombie-Britannique ou du Nouveau-Brunswick entre auteurs et étudiants afin de permettre de découvrir et d’appuyer leurs productions littéraires, en plus de bonifier l’offre en enseignement.

« Créer des ponts entre toutes les communautés au Canada : c’est toute la force du Centre de la francophonie des Amériques, résume Sylvain Lavoie, parce que nous connaissons les acteurs sur le terrain, au pays et partout sur le continent. »

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.



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