Toute une communauté à l’œuvre pour sauver le Village

Sensibles à l’insécurité et à l’itinérance qui se sont accrues dans le Village depuis la pandémie, de nombreux organismes tentent de redonner au quartier ses lettres de noblesse, avec l’aide de l’administration de Valérie Plante.

« Le manque de ressources en itinérance et en santé mentale est un problème constant dans le Village, depuis des années », déplore Samuel Miriello, directeur de l’organisme Rézo. Il aide principalement des personnes en situation d’itinérance et des travailleurs du sexe issus de communautés LGBTQ+ à trouver des soins en santé sexuelle ou encore des lieux sécuritaires où dormir.

M. Miriello comprend le sentiment d’insécurité grandissant qui habite les résidents du Village. Il estime qu’il faut d’abord bonifier l’aide à l’endroit des personnes les plus vulnérables afin d’atténuer leur détresse psychologique et de soulager la pression sur l’ensemble du quartier.

« On observe un grand besoin pour du soutien en santé mentale, dit-il. Plusieurs personnes deviennent affectées par les gens les plus en détresse. Nous, on peut essayer de les soutenir, mais c’est clair qu’on aurait besoin de plus de psychologues. »

Robert Beaudry, conseiller de la Ville représentant le district Saint-Jacques, dont le Village fait partie, a été travailleur social dans le secteur pendant de nombreuses années. « J’ai vu le quartier se transformer », raconte-t-il.

C’est pourquoi la Ville a lancé le « Forum du Village ». Il s’agit d’une consultation publique qui a été menée l’été dernier auprès de « centaines » de citoyens et d’organismes afin de guider la municipalité quant aux solutions à adopter.

« La Ville à elle seule ne peut pas tout régler, explique M. Beaudry. On a discuté avec les services de police, on veille à l’entretien du quartier avec la Société de développement commercial, on travaille avec des organismes comme Espace LGBTQ+ », dit-il.

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« Une succession de travaux »
 

Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, déplore quant à lui la « succession de travaux » qui sévit dans le secteur de la place Émilie-Gamelin et du Village. « Il y a des fermetures d’établissements qui jadis généraient de l’activité. On a assisté à l’éclatement du terminus Voyageur et, en même temps, l’ancien terminus, au nord, reste désaffecté. »

C’est pourquoi la Ville compte également présenter des solutions urbanistiques à la dévalorisation du Village. Si M. Beaudry ne peut pas s’avancer dès maintenant sur les pistes de solutions à l’issue du Forum, car elles seront dévoilées plus tard cet hiver, il note tout de même trois priorités sur lesquelles il s’engage à travailler : « Aider les commerçants, soutenir les organismes LGBTQ+ et remédier au grand nombre de locaux vacants. »

Le conseiller promet également, à nouveau, une piétonnisation sur la rue Sainte-Catherine pour l’été 2023. « Le quartier doit redevenir une destination. Ce sont les gens qui vont le fréquenter qui vont le sauver. »

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