Le plus grand fleurdelisé de l’histoire déployé

Le drapeau mesurait 18 mètres (60 pieds) sur 28 mètres (90 pieds).
Jacques Nadeau Le Devoir Le drapeau mesurait 18 mètres (60 pieds) sur 28 mètres (90 pieds).

« Gens du pays, c’est votre tour de vous laisser parler d’amour. » C’est en entonnant l’emblématique mélodie, au son de la voix du chanteur Daniel Boucher, qu’une centaine de personnes ont déployé un immense drapeau québécois samedi midi, à la Place des Arts.

À l’occasion du 75e anniversaire du fleurdelisé, de nombreux politiciens et environ 200 spectateurs se sont rassemblés pour rendre hommage au drapeau adopté en 1948, sous le règne de Maurice Duplessis. Le gigantesque drapeau confectionné pour l’occasion mesurait 18 mètres (60 pieds) sur 28 mètres (90 pieds).

« Le drapeau appartient à tous les Québécois vivant sur notre territoire, et les nouveaux Québécois également », a dit en entrevue Marie-Anne Alepin, présidente de la société Saint-Jean-Baptiste, qui organisait l’événement. « C’est un symbole tellement fort de notre unité, de notre nation. »

Sous les coups de tambours sonores d’une troupe de percussionnistes, des orateurs et oratrices issues de nombreux partis politiques québécois se sont succédé sur scène pour rendre hommage au fleurdelisé.

« Ce drapeau incarne vraiment ce qu’on est, une nation différente », s’est enthousiasmée la députée caquiste d’Anjou–Louis-Riel, Karine Boivin Roy.

Le député libéral de Viau, Frantz Benjamin, confie en entrevue qu’il a l’« habitude de toujours partir à l’étranger avec un petit drapeau du Québec ».

La co-porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé, rend quant à elle hommage au drapeau et à ses « quatre chemins blancs qui pointent dans les quatre directions, les bras ouverts ». « Mais un drapeau, ça peut servir à se draper dedans et à se renfermer sur soi-même, et ça, ce n’est peut-être pas plus heureux », ajoute-t-elle.

Interrogé après l’événement, le député de La Pointe-de-l’Île pour le Bloc québécois, Mario Beaulieu, évoque le caractère unique incarné par le drapeau. « Ça représente qui nous sommes, la langue française, notre spécificité. »

Le président du comité exécutif du Parti québécois, Jocelyn Caron, était également présent, tout comme la présidente du Comité de la fête nationale du Québec et ex-ministre péquiste, Louise Harel.

De nombreux militants et membres de la Société Saint-Jean-Baptiste, qui milite pour la protection de la langue française et pour l’indépendance du Québec, ont afflué à la Place des Arts pour rendre hommage au fleurdelisé. Ils ont tous été invités à tenir le drapeau et à le secouer avec enthousiasme pendant plusieurs minutes.

« Je suis nationaliste depuis l’âge de 15 ans […] et j’essaie de participer à tout ce qui nous différencie », explique Marcelle Bisaillon, la voix enterrée sous le bruit des tambours qui résonnaient tout autour. « C’est notre identité, le drapeau », a renchéri à ses côtés son conjoint, Robert Petit.

L’événement s’est conclu par un segment plutôt cocasse : les 200 personnes présentes ont plié le drapeau comme un immense drap.

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