Le leadership créatif ou l’art et la manière de sortir du cadre

Nathalie Schneider
Collaboration spéciale, factry.ca
Selon le Center for Creative Leadership, le quart des managers avouent ne pas avoir reçu de formation spécifique lors de leur transition vers un poste de gestionnaire. Pourtant, les défis de gestion ne manquent pas, tant sur les plans de la communication et de la motivation que sur celui de la performance.
Photo: Getty Images Selon le Center for Creative Leadership, le quart des managers avouent ne pas avoir reçu de formation spécifique lors de leur transition vers un poste de gestionnaire. Pourtant, les défis de gestion ne manquent pas, tant sur les plans de la communication et de la motivation que sur celui de la performance.

Ce texte fait partie du cahier spécial Formation cadres et dirigeants

Peut-on encore diriger une entreprise sans être créatif ? Impossible, affirment les experts en gestion. « Un leader, ce n’est pas nécessairement celui qui est en avant ; c’est plutôt une personne qui est à l’écoute, qui saisit le rythme de son équipe et qui a envie d’en tirer le meilleur », résume l’un des professionnels qui ont participé au cours de leadership créatif offert par la Factry à des gestionnaires d’entreprise. Mais qu’est-ce que le leadership créatif ? Une approche résolument innovante ou une gestion des ressources humaines pavée de bonnes intentions ?

Déjà, dans les années 1980, les auteurs de Creative Leadership  Skills That Drive Change expliquaient que les concepts de leadership et de créativité sont indissociables pour une entreprise qui veut faire face aux changements. Un dirigeant ou un cadre d’entreprise qui ne se montrerait ni réactif ni ouvert à l’innovation serait voué à multiplier les échecs. Un constat qui va à l’encontre du modèle de gestion d’entreprise traditionnelle, dite « verticale », qui persiste depuis l’ère industrielle.

L’approche transformationnelle du leadership créatif intègre le personnel au processus de décision afin de générer de nouvelles idées. Considérer les divergences d’opinions au sein d’une équipe pour favoriser un climat propice à la cocréation engendre des employés mobilisés, motivés et engagés dans la poursuite d’un objectif commun. Le leadership créatif devient collaboratif quand ont tient compte des visions et recommandations des employés pour propulser l’entreprise. Il faut cependant faire preuve d’humilité et d’ouverture, deux préalables essentiels, même dans les plus hautes sphères de la direction. Se changer soi-même avant d’imposer des changements aux autres.

Ce changement de paradigme impose aux leaders d’explorer leurs propres forces, faiblesses et peurs avant d’établir avec leurs équipes un « contrat de confiance » qui facilite les échanges constructifs et évolutifs. « Pour faire émerger la créativité, explique Chantal Gosselin, cheffe de pratique Leadership créatif à la Factry et coach professionnelle certifiée, il faut instaurer les conditions essentielles à la culture d’innovation : la sécurité psychologique, la bienveillance, le non-jugement, l’écoute, la collaboration. Et être capable de capter les signaux de changement incessants. »

Des outils concluants

C’est tout le travail réalisé par la Factry durant ses ateliers ludiques et interactifs : amener les gestionnaires à sortir du cadre, à bousculer leurs habitudes et leurs certitudes, et à valoriser cette attitude auprès de leur personnel. Cela n’est possible que par l’adoption d’un état d’esprit d’ouverture et une dynamique de création collective.

Mme Gosselin a ainsi élaboré un outil pour développer l’état d’esprit nécessaire afin d’innover dans le changement continu : l’approche OUI ET. Le « O » pour Ouverture, le « U » pour Un pas, le « I » pour Intention. Trois ancrages pour transmuter le sentiment d’inconfort.

Le « ET », quant à lui, trace le chemin du changement. « Cette posture intérieure permet d’entraîner notre cerveau, d’aligner nos pensées-émotions-actions et de développer notre intelligence émotionnelle pour mieux cocréer avec ce qui se présente, explique la coach. Si on ajoute tous les outils, les techniques et les pratiques de développement de la créativité, on décuple notre leadership créatif. »

Dans un contexte qui exige d’un chef d’entreprise ou d’un gestionnaire qu’il anticipe des changements brutaux, développer ses forces créatives et celles de ses équipes est la clé pour stimuler ses troupes et affronter les défis.

Le cas de Patagonia

À cet égard, Yvon Chouinard, fondateur de l’entreprise Patagonia, est un modèle de gestionnaire visionnaire qui n’a jamais cessé d’innover. Cet Américain d’origine québécoise a très tôt privilégié les fibres biologiques pour fabriquer ses vêtements de plein air à une époque où personne ne se souciait de l’empreinte écologique de l’industrie. Il a inventé le « Management by Absence » (MBA) qui consiste à laisser les rênes de son entreprise à ses employés et à les inciter à faire comme lui : s’absenter du bureau pour tester la qualité des vêtements techniques sur une paroi d’escalade ou sur un sentier, afin de revenir avec des idées innovantes. Bien des décennies plus tard, des géants comme GAP et Adidas s’inspirent du modèle du MBA en l’adaptant à leurs réalités.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

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