Une résidence pour aînés de 193 logements inaugurée à Montréal

Danielle Cécile, directrice générale de l’Office municipal d’habitation de Montréal, lors du point de presse
Jacques Nadeau Le Devoir Danielle Cécile, directrice générale de l’Office municipal d’habitation de Montréal, lors du point de presse

Une résidence pour aînés de 193 logements financée entièrement par le secteur public a été inaugurée en grande pompe lundi près de la station de métro Rosemont, au grand bonheur de nombreux locataires âgés à faible revenu du secteur.

La réalisation du bâtiment de 10 étages a nécessité un investissement des trois ordres de gouvernement totalisant environ 112 millions de dollars et près de 12 années de travail acharné de la part de « centaines de personnes », a relevé lundi en conférence de presse la directrice générale de l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM), Danielle Cécile. Cette dernière s’est d’ailleurs réjouie lundi d’avoir réalisé ce projet « sans dépassement budgétaire », malgré le contexte inflationniste actuel.

Cet immeuble, issu d’un projet d’abord évoqué en 2011, est chapeauté par l’OMHM, qui gère un parc de plus de 20 000 logements sociaux de la métropole. D’ailleurs, 96 des 193 logements de ce bâtiment bénéficient du programme de supplément au loyer de la Société d’habitation du Québec. Les locataires admissibles, qui doivent gagner un maximum de 33 500 $ par année, n’ont ainsi à débourser que 25 % de leur revenu pour se loger.

Les 97 logements locatifs restants sont qualifiés d’abordables. Les loyers y varient de 842 $ à 1125 $ par mois et incluent l’électricité, l’eau chaude et le chauffage, a indiqué l’OMHM au Devoir. Les logements offerts, modernes et lumineux, sont situés à quelques mètres à peine de la station de métro Rosemont, sur un terrain appartenant à la Société de transport de Montréal.

Les deux tiers des logements de ce bâtiment — baptisé la Résidence des Ateliers — ont d’ailleurs déjà trouvé preneur. « On a des locataires ici qui sont extrêmement contents », s’est réjoui lundi le responsable de l’habitation au comité exécutif, Benoit Dorais, qui avait contribué en 2013 à ce que la Ville réserve ce terrain pour ce projet de logements abordables.

Ce développement immobilier s’inscrit d’ailleurs dans le contexte de la création d’un milieu de vie complet prévu sur le site des anciens ateliers municipaux, où d’autres projets de logements sociaux et abordables sont voués à voir le jour dans les prochaines années. La résidence inaugurée lundi, qui est destinée à des locataires âgées autonomes ou en légère perte d’autonomie, vient d’autre part accueillir les nouveaux bureaux administratifs de l’OMHM, destinés à environ 300 employés de l’organisme.

« C’est assez exceptionnel comme site et c’est vraiment un développement qui est impressionnant », s’est ainsi réjouie la ministre responsable de l’Habitation au sein du gouvernement Legault, France-Élaine Duranceau. « Des projets structurants comme celui-là, ça en prend d’autres », a ajouté la ministre, qui a insisté sur l’importance que « les unités sortent de terre ». « J’en fais une obsession. »

Une longue attente

La concrétisation de ce projet a été rendue possible en partie grâce au programme AccèsLogis Québec, destiné au financement de logements sociaux dans la province. Or, plusieurs organismes communautaires un peu partout dans la province ont fait part de leurs inquiétudes dans les derniers mois concernant l’avenir de ce programme, dans lequel de nouveaux fonds tardent à être injectés, selon plusieurs.

« On nous dit au gouvernement qu’on n’a pas abandonné [ce programme], mais ils n’ont pas prévu de nouveaux projets », a d’ailleurs relevé lundi Édith Cyr, la directrice générale du groupe de ressources techniques Bâtir son quartier. « On espère que le gouvernement ne lâchera pas AccèsLogis », d’autant plus que les problèmes de financement sont souvent le principal obstacle qui retarde la concrétisation de projets de logements abordables, a-t-elle ajouté en entrevue.

Danielle Cécile est pour sa part revenue sur les nombreux « défis », notamment financiers, qui peuvent complexifier la réalisation de projets de logements abordables. Questionnée par Le Devoir, elle a toutefois rappelé qu’il n’existe pas de recette magique pour s’assurer qu’un projet immobilier comme celui de la Résidence des Ateliers mette moins de 12 ans pour se concrétiser.

« C’est comme si vous me demandiez si j’ai trouvé le Saint Graal », a lancé la directrice générale de l’OMHM, provoquant plusieurs éclats de rire dans la salle. Elle a tout de même souligné par la suite l’importance d’avoir une « surveillance accrue » des chantiers de construction pour limiter les délais dans la réalisation de projets de logements sociaux et abordables « complexes ». Une bonne gouvernance des projets est aussi importante afin d’assurer une « planification » optimale de tels développements immobiliers, selon elle.

À voir en vidéo