2022 dans l’œil de Valérian Mazataud

Les photographes posent un regard très personnel sur l’actualité. Nous leur avons demandé de choisir leurs meilleures photos de l’année qui s’achève… pour le moins haute en émotions. De la campagne ukrainienne aux hauteurs du Mile End, voici la sélection de Valérian Mazataud.

1 7 février | « Le Devoir » a rencontré la rappeuse Marie-Gold à l’occasion de la sortie de son album « Bienvenue à Baveuse City ». Valérian Mazataud a salué la grande collaboration de l’artiste à son travail photographique : « Elle était très motivée. C’est rare que quelqu’un a le temps d’organiser un rendez-vous dans un endroit pertinent pour l’artiste, alors que ça change tout. Elle a vraiment joué son personnage. » Les couleurs des vêtements de Marie-Gold s’agençaient parfaitement avec celles de la silhouette de Montréal en arrière-plan. Valérian Mazataud Le Devoir
2 17 février | Valérian Mazataud est allé en Ukraine en compagnie de la journaliste Magdaline Boutros environ deux semaines avant que la Russie ne commence à envahir le pays. « À l’époque, personne ne voulait croire que Poutine allait attaquer, malgré toutes les preuves qui s’accumulaient », raconte le photographe. Il a capté cette image d’une vieille Lada, « ce cliché qu’on se fait de l’ex-Union soviétique rurale », dit-il. La ligne d’arbres, au centre de l’image, marque la frontière avec la Russie. Valérian Mazataud Le Devoir
3 21 mars | Accompagné de la journaliste Améli Pineda, Valérian Mazataud a suivi les opérations de l’Équipe multisectorielle dédiée aux armes à feu du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Le photographe a assisté à une arrestation, mais il était très limité dans son travail, n’ayant pas eu le droit de photographier l’une des agentes du SPVM ni les personnes mineures qui se faisaient arrêter. « Très rapidement, il faut jumeler composition, lumière et récit, indique Valérian Mazataud. C’est vraiment le travail du photojournaliste dans sa plus pure itération. » Valérian Mazataud Le Devoir
4 13 avril | Le propriétaire du site d’enfouissement de Lachenaie, à Terrebonne, Complexe Enviro Connexions, a entamé des démarches auprès de Québec au printemps afin de pouvoir augmenter sa capacité de déchets. Perché sur un monticule de rebuts, Valérian Mazataud a pu « obtenir cette vue plongeante sur l’ampleur de notre production de déchets » en rempruntant un chemin qui contournait le dépotoir, explique-t-il. Le photographe a toujours voulu réduire sa propre production de déchets. Cette photo l’en a « encore plus convaincu », dit-il, même si elle s’avère « un peu désespérante en même temps, parce qu’on se trouve bien minuscule face à une telle quantité ». Valérian Mazataud Le Devoir
5 23 mai | Une tempête a sévi dans le sud du Québec et de l’Ontario à la fin mai, causant la mort de dix personnes, dont une au Québec. « Le Devoir » est allé constater les dommages à Sainte-Anne-des-Plaines, où une conférence de presse était également organisée. « Je suis arrivé sur place trop tard pour la conférence de presse », raconte Valérian Mazataud. Il a donc saisi l’occasion pour « voir les équipes au travail ». Lorsqu’il s’est rendu compte que plusieurs travailleurs allaient redresser une ligne électrique tous ensemble, il a grimpé en haut d’une petite colline afin de capturer « ce point de vue parfait ». Valérian Mazataud Le Devoir
6 12 juin | « J’ai beaucoup aimé cette histoire », résume Valérian Mazataud. Avec la journaliste Roxane Léouzon, il est parti à la rencontre de personnes plus vulnérables face à l’inflation. L’une d’entre elles, Barinder Kaur, a fui une situation de violences familiales dans son Pendjab natal, dans le nord de l’Inde, en 2019. Mme Kaur avait « une grande culture de l’accueil », précise Valérian Mazataud. Elle était « très volontaire pour participer à ce reportage, pour être une représentante des personnes qui sont dans la même situation qu’elle et qui ne sont pas aussi à l’aise de s’exprimer devant une caméra ». Valérian Mazataud Le Devoir
7 12 septembre | Deux prisons de la région de Kingston, en Ontario, offrent à une dizaine de détenus de travailler dans des fermes adjacentes aux bâtiments principaux. « Ça leur permet une réinsertion par le travail et l’apprentissage, souligne Valérian Mazataud, qui a passé une journée complète sur une ferme. J’ai trouvé le contraste assez fascinant, alors qu’on voit la culture maraîchère appétissante et qu’en arrière, on devine l’environnement carcéral. » Valérian Mazataud Le Devoir

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