Jardins Windsor - Des jardins au centre-ville

True North Properties, une compagnie immobilière d'Edmonton, en Alberta, n'aura pas attendu le déménagement des Expos à Washington pour accaparer le terrain du centre-ville qu'avait réservé l'équipe de baseball en 2000. À la place du stade que projetait l'ancienne équipe montréalaise s'édifie actuellement un immense projet immobilier.

«Le projet comprend en tout neuf phases qui devraient accueillir environ 1000 unités», explique d'entrée de jeu la directrice des ventes, Francine Perrault. Les quatre premières phases ont été baptisées les Terrasses Windsor tandis que les cinq autres porteront le nom de Jardins Windsor. «On est rendu à la livraison de la troisième phase et on est à la mise en vente pour les sixième et septième phases», ajoute-t-elle.

La construction se fait à l'emplacement même de l'ancienne cour de triage du Canadien National, soit le quadrilatère que forment les rues de la Montagne, Saint-Jacques, Notre-Dame et Jean-d'Estrée.

Les Terrasses Windsor est un projet évalué à près de 300 unités. Celui-ci comporte un jardin intérieur privé réservé uniquement aux copropriétaires. La totalité des unités de la troisième phase, qui sera livrée en juillet, a rapidement été vendue. La demande était considérable. En moins de 10 jours, 81 des 91 condominiums étaient vendus.

Logements en abondance

Pour leur part, «les Jardins Windsor s'appuient sur le même principe que les Terrasses. Sauf qu'on parle d'un projet de près de 700 logements. Plus du double. Les standards et l'aménagement des unités des deux projets sont sensiblement les mêmes choses», explique-t-elle. Toutefois, le jardin privé de ce dernier, comparativement au projet précédent, sera évidemment plus grand. Sa superficie permettra l'aménagement d'un plan d'eau qui, comme le note la responsable, «peut être converti en anneaux de glace l'hiver». Les services et activités offerts aux Jardins seront d'ailleurs plus nombreux. «Il y aura un bâtiment à l'intérieur duquel se retrouveront une piscine, un sauna et un jacuzzi», détaille-t-elle. Les deux projets offriront, par ailleurs, les mêmes services de base: stationnements souterrains chauffés et service de conciergerie disponible «sept jours sur sept, 24 heures sur 24». À noter: les projets «se scinderont et seront délimités» par une promenade piétonnière où seront érigées 12 maisons de ville.

Les immeubles devraient s'articuler autour d'aires communes — le jardin par exemple. Les deux projets sont certes d'envergure. Toutefois, ce type de construction à grande échelle impose certaines limites. Elle ne permet pas, par exemple, autant de modifications qu'un projet immobilier moins massif et plus personnalisé. À quelques détails près, l'ensemble des condos est standardisé et semblable d'un immeuble à l'autre. Seuls les derniers étages pourront, si le client le souhaite, être réaménagés: «Au 21e étage, si certains veulent créer un penthouse, on a une flexibilité à ce niveau-là [sic].»

Ainsi, la superficie de l'ensemble des condominiums ne dépasse que très rarement les 850 pi2. «Ce sont des petites surfaces. Ça part à 567 pi2 et notre plus grosse unité atteint 1045 pi2», précise-t-elle.

Quant aux prix, ils gravitent généralement autour de 270 $ le pied carré. «On parle d'un prix moyen, compétitif. Donc, ce ne sont pas des condos de luxe.» Par le fait même, la clientèle visée est hétéroclite. Il s'agit aussi bien d'acheteurs désirant faire l'acquisition d'une première propriété que de jeunes professionnels inspirés par la proximité du centre-ville ou de baby-boomers désirant faire un retour au coeur de la métropole. «Je ne retrouve pas, parmi notre clientèle, un type particulier d'acheteur qu'on pourrait facilement définir. La brochette [sic] de prix est assez large pour répondre aux attentes de différents types d'acheteur», indique Francine Perreault.

Un quartier revitalisé

Les Terrasses et les Jardins Windsor prennent forme dans un ancien quartier industriel qui, depuis quelques années déjà, se modernise et se départit graduellement de l'aspect industriel qu'il pouvait autrefois détenir. Le terrain de 12 acres sur lequel sont édifiés les projets immobiliers, qui appartenait autrefois au Canadien National, a par contre entraîné son lot de complications. À la suite de la vente du terrain, en 2001, ce dernier s'est révélé être contaminé à un niveau 10 fois supérieur à ce que prétendait alors la Société immobilière du Canada. Mais aujourd'hui, assure Francine Perrault, les travaux de réhabilitation ont été effectués et tout est rentré dans l'ordre: «On est en conformité avec les normes et la réglementation du ministère de l'Environnement.»

Ces deux projets viennent dans la foulée du succès déjà reconnu de l'immeuble de l'École de technologie supérieure (ETS), qui a élu domicile dans une ancienne brasserie rénovée situé à l'angle des rues Peel et Notre-Dame. Force est d'admettre que l'ETS a été, à plusieurs niveaux, le fer de lance de la revitalisation du quartier. Elle a su lui redonner un second souffle. Ses 500 employés et ses quelque 4000 étudiants ont créé l'effet d'entraînement nécessaire à l'éclosion d'activités commerciales. Les projets immobiliers qui s'y développent, dont les Terrasses et Jardins Windsor, pourront certainement, si ce n'est déjà fait, s'appuyer sur la demande étudiante, particulièrement sur celle provenant des étudiants étrangers.

«L'année 2003-04 a vraiment été exceptionnelle, mais je pense que cela l'a été tout partout, proportionnellement à chaque projet, bien sûr. À l'heure actuelle, on revient à un marché un peu plus normal. Par contre, si on se compare aux projets de certains de nos compétiteurs, notre projet se vend encore très bien, dans le contexte actuel», conclut la directrice des ventes.