Dix espèces animales mises à mal

Photo: Le carcajou ne se porte pas trop mal dans le nord du Canada, mais on ne l’observe presque plus au Québec.

Destruction des habitats, pollution, bouleversements climatiques, contrebande: les espèces animales font face à de nombreux périls. Avec ces dix espèces du Québec et d’ailleurs, Le Devoir vous offre un aperçu de l’effritement de la biodiversité dans le monde animal.

Éléphant de forêt d’Afrique

Loxodonta cyclotis

 

Dans le parc national de Lopé, au Gabon, le climat plus chaud et plus sec freine la production de certains arbres à fruits. Les éléphants de forêt, qui en dépendent pour leur alimentation, maigrissent dangereusement. Ainsi, même dans un environnement naturel immaculé, ces grands mammifères souffrent des perturbations anthropiques.


 

Chauve-souris rousse

Lasiurus borealis

 

Cette espèce migratrice, qui n’est pas considérée comme menacée, ne dispose néanmoins que de faibles effectifs au Québec. Elle fait ainsi l’objet d’un plan de rétablissement piloté par le ministère de la Faune. Une panoplie d’activités humaines contribue à sa fragilité : les parcs éoliens, la construction résidentielle, l’agriculture, la foresterie, la pollution, etc.
 

Vautour chaugoun

Gyps bengalensis 

Ce charognard, qu’on comptait autrefois par millions en Inde, a aujourd’hui presque disparu dans ce pays. Son déclin catastrophique est attribué à un médicament anti-inflammatoire administré par les vétérinaires aux bovins. L’oiseau l’ingère malgré lui en se nourrissant des carcasses de ces animaux.
 

Salamandre sombre des montagnes

Desmognathus ochrophaeus

 

Cet amphibien sans poumons, qui ne peut vivre que dans un environnement très humide, est extrêmement rare. Au Québec, on ne connaît que la population de Covey Hill, en Montérégie. Le pompage et la pollution de l’eau souterraine représentent les plus grandes menaces auxquelles est confrontée cette espèce.



Carcajou

 

Gulo gulo

Le carcajou ne se porte pas trop mal dans le nord du Canada, mais on ne l’observe presque plus au Québec. Du fait de son grand territoire, il est difficile de déceler une tendance dans sa population. Ce carnivore, victime de la fragmentation de son territoire et du réchauffement climatique, revêt une grande importance culturelle pour plusieurs communautés autochtones.



Anguille d’Amérique

Anguilla rostrata

 

Jadis l’objet d’une pêcherie importante dans l’est du Québec, l’anguille est maintenant menacée au pays. Ce poisson naît dans la mer des Sargasses, migre vers les eaux douces des rivières et des lacs (où il passe 20 ans), puis retourne se reproduire à son lieu de naissance. Entre autres obstacles, les barrages hydroélectriques entravent son cycle de vie.
 

Criquet boréal

Melanoplus borealis

 

Les changements climatiques menacent cet insecte dans certaines régions méridionales de son aire de répartition. Au sommet des montagnes des Chic-Chocs, en Gaspésie, la fonte du pergélisol entraînera d’ici quelques décennies la disparition de la toundra qui lui sert d’habitat.

 



Vipère d’Orsini

Vipera ursinii

 

Ce serpent légèrement venimeux subit une nette régression, notamment en Europe, où il est considéré comme « vulnérable ». La destruction de son habitat naturel, constitué de prairies et de plaines, au profit de cultures agricoles, représente la principale menace qui pèse sur lui.


Phyllobate à bande dorée

Phyllobates aurotaenia

 

Habitante des forêts tropicales de la Colombie, cette petite grenouille fait trembler ses prédateurs grâce à une toxine extrêmement puissante suintant sur sa peau. Espèce « quasi menacée », elle fait l’objet de contrebande. La Convention de Washington limite le prélèvement des phyllobates en nature, dont la toxine intéresse beaucoup les entreprises pharmaceutiques.


 

Marsouin aptère

Neophocaena phocaenides

 

On estime que seul un millier de marsouins aptères subsistent dans le fleuve Yangtsé, en Chine. Ce cétacé endémique au célèbre cours d’eau — l’un des plus pollués au monde — souffre beaucoup de la surpêche, car il s’empêtre dans les filets destinés aux poissons. L’an dernier, Pékin a rehaussé le niveau de protection de l’espèce.

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