Un groupe proarmes accuse le gouvernement Trudeau d’être guidé par une idéologie

Le président de la Coalition canadienne pour les droits des armes à feu, Rod Giltaca, accompagné de la vice-présidente aux relations publiques du groupe, Tracey Wilson
Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le président de la Coalition canadienne pour les droits des armes à feu, Rod Giltaca, accompagné de la vice-présidente aux relations publiques du groupe, Tracey Wilson

Un groupe de pression proarmes à feu affirme que les efforts du gouvernement fédéral pour bannir une longue liste d’armes sont guidés par une idéologie plutôt que par la volonté de protéger la population.

Mais le gouvernement libéral réplique que ses démarches ont pour unique but d’interdire les armes conçues pour tuer des gens. Il ajoute que les chasseurs auront encore le choix d’utiliser des milliers d’autres types de carabines toujours permises.

Le gouvernement veut inclure dans la loi une définition permanente de ce qui constitue une arme d’assaut prohibée dans sa loi pour renforcer le contrôle des armes à feu actuellement étudié par le Comité permanent de la sécurité publique et nationale.

Cette nouvelle mesure viendrait bonifier la précédente interdiction adoptée en mai 2020 qui incluait une liste de plus de 1500 modèles d’armes et de variantes de ce que le gouvernement considère comme des armes d’assaut. Cela inclut les modèles plus connus comme le AR-15 et le Ruger Mini-14.

De l’avis du président de la Coalition canadienne pour les droits des armes à feu, Rod Giltaca, le gouvernement s’en prend à des millions de propriétaires d’armes détenant des permis et qui n’ont rien fait pour mériter cela. Il a fait ces commentaires en conférence de presse mercredi.

Il a ajouté que le manque de preuves pour appuyer ces mesures serait une indication « criante » que tout cela n’est qu’une affaire idéologique.

« On a clairement vu tout cela venir parce qu’on le dit depuis le début que leur plan est d’interdire toute possession citoyenne d’armes à feu au Canada », a-t-il allégué.

La vice-présidente aux relations publiques du groupe proarmes, Tracey Wilson, affirme que le gouvernement devrait retourner à la table à dessin et s’interroger sérieusement sur ce qui doit être fait pour rendre le pays plus sécuritaire.

« C’est assez clair qu’ils ont créé tout un bordel, a-t-elle dit. Ça n’apaise personne. Ça n’a pas d’impact bénéfique important sur la sécurité publique. »

En comité parlementaire, le député libéral Taleeb Noormohamed a insisté cette semaine sur le fait qu’il n’y avait aucune intention de s’en prendre aux chasseurs. Le gouvernement cherche plutôt à cibler « les armes qui doivent être interdites parce qu’elles sont destinées à voler des vies — à tuer des humains ».

En intégrant une définition permanente d’une arme d’assaut dans la loi, l’intention du gouvernement est d’empêcher les fabricants de contourner la loi en modifiant légèrement leurs modèles pour les remettre sur le marché canadien.

Parmi les spécifications techniques inscrites dans la loi, on parle d’une arme semi-automatique ou d’une carabine conçue pour accueillir un magasin détachable pouvant contenir plus de cinq cartouches.

La plus récente liste d’armes concernées par l’interdiction, déposée en amendement au comité, a déclenché un débat sur ce qui doit être inclus ou non.

Tout cela découle de l’ajout dans la définition de critères sur le diamètre des trous et sur l’énergie initiale à la détonation.

Pour les conservateurs, la définition du gouvernement équivaut à la plus importante interdiction d’armes de chasse dans l’histoire du Canada.

Le député conservateur Eric Melillo a déclaré au comité cette semaine que l’interdiction ne réglerait pas le problème qu’elle cherche à solutionner.

M. Melillo a plaidé que le fait de priver des chasseurs de leurs armes, incluant les Autochtones, ne rendrait pas les villes plus sécuritaires.

En réaction, le député libéral Taleeb Noormohamed a cité des données du ministère de la Justice indiquant qu’une fois la définition adoptée, il resterait jusqu’à 20 000 modèles d’armes à feu accessibles pour la chasse.

« Je tiens juste à clarifier toute désinformation qui pourrait circuler à propos des intentions qu’on nous porte d’interdire les armes de chasse », a-t-il réagi.

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