Luis Miranda visé par une plainte à la Commission des droits de la personne

Capture d’écran de la séance du conseil d’arrondissement d’Anjou du 4 octobre 2022.
Archives Conseil d’arrondissement d’Anjou Capture d’écran de la séance du conseil d’arrondissement d’Anjou du 4 octobre 2022.

Les propos controversés que Luis Miranda, le maire d’Anjou, a tenus à l’endroit d’Hocine Ouendi, un jeune homme de 15 ans, en octobre dernier, continuent de le hanter. Le père du jeune homme, Smail Ouendi, a déposé une plainte contre M. Miranda à la Commission des droits de la personne et de la jeunesse (CDPDJ), mardi après-midi.

« Luis Miranda fait comme si le dossier était clos, mais il n’a jamais proposé de réponse concrète à la situation, soutient M. Ouendi. La moindre des choses serait qu’il nous appelle, qu’il nous invite à son bureau, et qu’il aborde ses propos choquants et la façon dont mon fils a été traité ».

Il s’agit de la deuxième plainte officielle à être déposée par la famille du jeune homme. Le 31 octobre dernier, la mère d’Hocine Ouendi avait déposé une plainte à la Commission municipale du Québec (CMQ), suggérant qu’il avait violé quatre articles du Code d’éthique et de conduite des élus.

M. Ouendi affirme qu’il a déposé sa plainte, mardi, pour que son fils reçoive des excuses en personne, de la part du maire, et pour que ce dernier revoie sa gestion des terrains sportifs à Anjou. Rappelons qu’Hocine Ouendi s’était fait rabrouer par M. Miranda parce qu’il s’était présenté au conseil d’arrondissement pour dénoncer l’interdiction de soccer libre sur des terrains synthétiques.

« Employant un ton et des propos agressifs, le maire a référé aux “incivilités” commises par des “gangs” comme s’il l’associait [M. Ouendi] à ce problème. Il a aussi reproché au jeune de l’avoir « affronté » avec sa question », a déclaré Fo Niemi, directeur général du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), qui appuie la famille dans ses démarches, par voie de communiqué.

Âgisme et profilage racial

 

Contacté par Le Devoir, M. Niemi a précisé que cette dernière plainte de la famille Ouendi repose à la fois sur des dénonciations d’âgisme et de profilage racial. « Il y a un consensus à Montréal à l’effet que les propos du maire sont complètement discriminatoires », a-t-il ajouté.

M. Niemi faisait notamment référence à la motion de blâme adoptée par le conseil municipal de Montréal, le 24 octobre dernier, reconnaissant la portée « discriminatoire » des propos de M. Miranda. Le maire d’Anjou s’était excusé le soir même. « Oui, je m’excuse de ma réaction. […] Je ferai ce que j’ai à faire en temps et lieu », avait-il déclaré.

Le directeur du CRARR se dit d’ailleurs plutôt « optimiste » quant aux chances que la CDPDJ reçoive la plainte de la famille Ouendi « parce que la Commission a déjà envoyé une lettre à M. Miranda, dénonçant ses propos directement ».

« Écouter l’enfant, l’informer, le consulter, le faire participer, respecter sa dignité et le protéger, tels sont les droits, entre autres, qui lui sont garantis et que la Commission, défenseur des droits des enfants et des jeunes au Québec, s’est engagée à faire respecter », avait écrit le président de la Commission, Philippe-André Tessier.

Si la plainte de la famille Ouendi est reçue par la Commission, ils pourraient notamment devoir rencontrer M. Miranda en médiation. « On le fait pour le futur, pour les enfants du quartier », souffle M. Ouendi.

Contacté par Le Devoir, le bureau de Luis Miranda a précisé qu’il ne donnerait pas d’entrevue.

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