La police de Québec diminue l’emploi d’une unité controversée

Le chef du SPVQ, Denis Turcotte, a dissipé les rumeurs voulant que le corps de police eût envisagé le démantèlement de son GRIPP à la suite des nombreux reportages étayant ses méthodes controversées.
Simon Clark Archives Le Devoir Le chef du SPVQ, Denis Turcotte, a dissipé les rumeurs voulant que le corps de police eût envisagé le démantèlement de son GRIPP à la suite des nombreux reportages étayant ses méthodes controversées.

La police de Québec a réduit le mandat d’une unité enlisée dans la controverse depuis la diffusion, il y a un an, de vidéos montrant de violentes interventions faites par certains de ses agents.

L’unité GRIPP, responsable notamment de surveiller les bars et de réprimander les « incivilités », travaillera dorénavant uniquement l’été, période où l’achalandage dans la capitale entraîne un nombre accru de débordements. Le reste de l’année, les membres de l’unité seront intégrés dans la patrouille régulière.

La police de Québec a également annoncé, vendredi, la création d’une autre branche baptisée IRIS, une nouvelle composante « qui travaillera dans l’ombre » pour soutenir les enquêtes, pour épauler Service correctionnel Canada dans sa surveillance des personnes en liberté conditionnelle et pour suivre les délinquants à risque de récidive.

Le chef du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), Denis Turcotte, a dissipé les rumeurs voulant que le corps de police eût envisagé le démantèlement de son Groupe de relation et d’intervention policière auprès de la population (GRIPP) à la suite des nombreux reportages étayant ses méthodes controversées.

Remaniement « accéléré »

La controverse avait terni la réputation du Service de police de Québec et valu des accusations criminelles à l’agent Jacob Picard. Ce dernier, ex-membre de l’unité GRIPP, doit faire face à la justice pour avoir déployé une violence jugée disproportionnée lors de différentes interventions filmées. À une occasion, il avait projeté avec force un quidam contre un mur. À une autre, il avait poussé un citoyen contre une voiture en lui demandant avec agressivité s’il voulait être « gazé ».

La direction de la police de Québec avait réfléchi au remaniement de l’unité GRIPP avant l’émergence de la controverse. Les événements survenus il y a un an ont toutefois agi comme « catalyseur », admet André Turcotte, directeur adjoint à la surveillance du territoire pour le SPVQ.

« Nous avons accéléré le processus, mais déjà, il y avait des enjeux dans les mandats. Il fallait clarifier les tâches parce que certains agents [de l’unité GRIPP] devaient à la fois mener des enquêtes et gérer les incivilités. »

Par ailleurs, le chef de police de la Ville de Québec a salué la volonté du gouvernement d’interjeter appel d’un récent jugement qui interdit les interpellations aléatoires.

« Pour nous, au niveau de la sécurité routière, c’est un enjeu majeur, indique Denis Turcotte. Ça nous permet de détecter si quelqu’un derrière au volant est apte à conduire. »

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