Les étudiants en enseignement de l’UQAM de nouveau en grève?

Une assemblée générale d’urgence, avec comme seul point la grève, aura lieu mercredi à 16h30.
Photo: Valérian Mazataud archives Le Devoir Une assemblée générale d’urgence, avec comme seul point la grève, aura lieu mercredi à 16h30.

C’était un retour en classe pour des milliers d’étudiants en enseignement de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), lundi matin, après cinq semaines de grève. Mais l’accalmie pourrait être de courte durée. Invoquant des mesures prises par l’Université qui pénaliseront de futurs enseignants qui ont fait la grève et qui pourraient retarder leur entrée sur le marché du travail, un nouveau vote sur une proposition de grève illimitée aura lieu mercredi.

Les étudiants ont voté en faveur de la reprise des cours lors d’une assemblée générale la semaine dernière. À ce moment, ils étaient satisfaits : la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM avait signé 30 engagements, « de belles avancées », souligne Danaë Simard, chargée aux communications et à la mobilisation de l’Association des étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences de l’éducation (ADEESE-UQAM).

« Nous avons réussi à ce qu’une personne soit engagée au Bureau d’intervention et de prévention en matière de harcèlement de l’Université spécifiquement pour les cas de harcèlement sur un milieu de stage », dit-elle.

Mais ils ont déchanté lors des négociations du retour en classe.  L’association étudiante affirme que, à la suite de recommandations de la Commission des études, le conseil d’administration de l’UQAM a voté vendredi dernier de « pénaliser » ceux qui ont fait la grève, en les faisant « couler ». Certains se verront attribuer une mention d’abandon à leur stage et à leurs cours intensifs.

« Les étudiants vont devoir reprendre leur stage et les cours intensifs, donc rallonger leur parcours d’un an parce que ces cours sont offerts seulement lors de la session d’automne », explique Danaë Simard. Ce qui pourrait retarder l’obtention de leur brevet, alors qu’il y a pénurie d’enseignants.

L’association étudiante estime que cette mesure pourrait toucher 750 personnes en deuxième, troisième et quatrième année. Un chiffre que dément l’UQAM. « Au total, pour les stages, ce sont moins de 50 étudiants qui sont touchés », écrit au Devoir Caroline Tessier, directrice du Service des communications. Les étudiants avaient le choix de se présenter ou non à leur stage durant la grève, et « la grande majorité des stages s’est en effet poursuivie de manière conforme cet automne », souligne-t-elle.

« Dans le cas des cours intensifs, tout est mis en oeuvre actuellement par les directions des programmes concernés pour résoudre les situations particulières et les traiter au cas par cas », ajoute-t-elle.

Plusieurs assemblées de grève

Une assemblée générale d’urgence, avec comme seul point la grève, aura lieu mercredi à 16 h 30. Difficile de savoir de quel côté voteront les étudiants : l’association étudiante admet que la situation crée de la division entre ceux qui seront pénalisés ou non. Des assemblées générales de grève auront également lieu du côté des étudiants en sciences humaines, en science politique, en droit et en art.

Raphaëlle Bourque-Proulx, étudiante de quatrième année au baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire, ne sait pas encore si elle aura une mention d’abandon. Une situation anxiogène, explique-t-elle, et qui pourrait la forcer à reprendre des cours l’année prochaine. « J’ai reçu aujourd’hui un courriel de mon professeur, il veut faire des aménagements pour que ça n’arrive pas, dit-elle. Nous avons une rencontre demain pour discuter de l’entente d’évaluation. »

Elle sera présente à l’assemblée générale, mais songe pour l’instant à voter contre la grève illimitée. « Je ne veux pas empirer la situation », dit-elle.

Nathan Lepage, étudiant en deuxième année au baccalauréat en enseignement secondaire, s’attend de son côté à une mention d’abandon étant donné qu’il a manqué une dizaine de journées de stage et qu’il peut seulement en reprendre huit avant la fin de la session. « Nous avons eu une communication officielle en début d’après-midi qui dit explicitement que toute personne qui ne peut pas effectuer l’entièreté de son stage dans la session sera automatiquement en abandon », indique-t-il.

« J’ai confiance en la démocratie étudiante. Plus les jours avancent, plus les menaces de l’UQAM se multiplient, mais plus il y a de gens en colère qui vont prendre des mesures contre ce genre de répression », conclut-il.

À voir en vidéo