Confinement terminé au collège Lionel-Groulx

La présence d’un individu potentiellement armé dans le secteur du collège Lionel Groulx, à Sainte-Thérèse, a forcé le confinement des étudiants et des employés de l’établissement pendant environ quatre heures, vendredi après-midi.
Olivier Du Ruisseau Le Devoir La présence d’un individu potentiellement armé dans le secteur du collège Lionel Groulx, à Sainte-Thérèse, a forcé le confinement des étudiants et des employés de l’établissement pendant environ quatre heures, vendredi après-midi.

La présence d’un individu potentiellement armé dans le secteur du collège Lionel-Groulx, à Sainte-Thérèse, a forcé le confinement des étudiants et des employés de l’établissement pendant environ quatre heures vendredi après-midi. Des dizaines de patrouilleurs de différents corps de police de la Rive-Nord de Montréal ont été déployées.

« On n’a aucune information à l’effet qu’un suspect serait entré à l’intérieur du cégep », a précisé en mêlée de presse Luc Laroque, inspecteur-chef de la Régie intermunicipale de police Thérèse-De Blainville (RIPTB).

La RIPTB a confirmé que « les lieux et les personnes ont été sécurisés », « qu’aucun acte criminel n’a été commis au collège Lionel-Groulx au cours des dernières heures » et qu’il n’y a eu « aucun blessé et aucune arrestation ». Les forces de l’ordre cherchent par contre toujours à savoir si un individu armé a véritablement circulé dans le secteur.

Vers 13 h 35, la RIPTB a reçu un appel concernant la présence d’un individu potentiellement armé près du collège. L’établissement a alors déclenché un « code blanc », qui signale la présence potentielle d’une personne violente. « Vous comprendrez que dans les circonstances, aucune chance n’a été prise », a indiqué M. Laroque.

Tout au long de l’après-midi, les policiers ont ratissé l’intérieur du collège, dont les entrées ont été bloquées, afin de s’assurer qu’il n’y avait pas de danger, a indiqué la sergente Karine Desaulniers au Devoir.

Les occupants du cégep ont commencé à être évacués au compte-gouttes vers 18 h. « C’était vraiment long, on est tellement contentes de sortir », s’est exclamée Léa Prud’homme, une étudiante, en sortant du collège avec ses amies autour de 18 h 30.

« C’était vraiment chaotique »

« Un peu avant 14 h, ma fille m’a appelée pour me dire qu’elle m’aime, et depuis, elle est très angoissée », a indiqué Caroline Prévost, mère d’une étudiante de 17 ans. Cette dernière est finalement sortie du collège vers 19 h. C’est « quand même rassurant » de savoir qu’il n’y a pas eu de danger, dit-elle, mais l’événement a tout de même « terrorisé de petits adultes », a-t-elle ajouté.

L’inspecteur-chef Laroque n’a pas pu préciser le nombre d’étudiants qui ont été confinés, mais l’estime à « plus d’une centaine ».

Peu de temps après que la police eut été informée de la présence du suspect, le cégep avait d’abord encouragé les étudiants à sortir, avant d’ordonner leur confinement.

« Au moins, la majorité des étudiants a d’abord pu sortir », indique Sendie Paola Lynn Paul, une étudiante qui a quitté son cours de français immédiatement après qu’un message à l’interphone eut lancé le « code blanc ». « C’était vraiment chaotique », raconte son amie Aïssata Sy, qui était dans le même cours. « Notre professeur nous a dit : “Vous restez confinés” », mais les élèves ont décidé de sortir quand même. Il y a eu quelques minutes d’hésitation, mais la plupart des étudiants sont partis.

La sécurité des cégeps remise en cause

Il s’agit du troisième incident du genre à survenir dans un cégep québécois en un peu plus d’une semaine.

Vendredi dernier, un homme de 19 ans a été arrêté parce qu’il portait une veste pare-balles devant le cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu. La direction du collège avait ordonné à ses occupants de se barricader. La même journée, en soirée, quatre personnes ont été blessées par balle sur le terrain du collège Montmorency, à Laval, ce qui a provoqué un confinement d’environ cinq heures dans l’établissement.

Les parents et les étudiants rencontrés par Le Devoir au collège Lionel-Groulx sont unanimes : les cégeps devraient revoir leurs protocoles de sécurité pour éviter de semer l’angoisse et la désinformation lors de tels événements, disent-ils. « Des gens disaient — à l’école et sur les réseaux sociaux — qu’il y avait un tireur actif, mais ce n’était pas vrai du tout », dit Léa Prud’homme, qui critique l’ambiance chaotique qui régnait à l’école.

« On n’arrive pas à croire que ça se soit passé à Sainte-Thérèse. On voit que ce genre d’événement peut arriver à Laval, à Montréal, mais de voir ça ici, c’est vraiment déstabilisant », a lancé Aïssata Sy. Elle déplore également que la désinformation sur les réseaux sociaux ait contribué à l’anxiété de beaucoup d’étudiants confinés.

Le collège Lionel-Groulx accueille près de 6000 étudiants et compte environ 800 employés.

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