Montréal souhaite voir 30  logements abordables être aménagés dans Parc-Extension

« Si les besoins en matière de logement sont généralisés, ils sont particulièrement importants à Parc-Extension », a fait savoir la mairesse de l’arrondissement.
Valérian Mazataud Archives Le Devoir « Si les besoins en matière de logement sont généralisés, ils sont particulièrement importants à Parc-Extension », a fait savoir la mairesse de l’arrondissement.

La Ville de Montréal prévoit débourser 4,75 millions de dollars pour acquérir un ancien garage de Parc-Extension qui pourrait accueillir à terme une trentaine de logements abordables, si l’aide financière de Québec est au rendez-vous.

Le coût d’acquisition de ce terrain a de quoi faire sourciller, la valeur imposable du site — qui a actuellement une vocation non résidentielle — s’élevant à 1,3 million de dollars, en vertu du dernier rôle d’évaluation foncière de la Ville. On y trouve actuellement un ancien garage et un marché alimentaire.

Questionné en marge d’une conférence de presse à l’hôtel de ville de Montréal, le responsable de l’habitation au comité exécutif, Benoit Dorais, a précisé avoir fait affaire avec des évaluateurs agréés qui ont déterminé la valeur marchande de ce site en fonction du « potentiel qu’il offre » si un projet immobilier y voyait le jour. Après avoir négocié pendant plusieurs mois avec le propriétaire du terrain, la Ville a finalement convenu, dans une entente de gré à gré, de débourser 4,75 millions de dollars pour ce terrain de la rue Jarry Ouest, un montant environ 6 % au-dessus de sa valeur marchande, a indiqué M. Dorais.

Ce terrain, que la Ville avait réservé par le biais de son droit de préemption, est situé au coeur de Parc-Extension, un secteur en plein embourgeoisement, où le prix de vente des propriétés a connu une forte augmentation dans les dernières années.

 

« On fait la preuve une fois de plus que notre administration a une volonté très ferme d’augmenter le nombre de logements abordables et communautaires » dans le quartier Parc-Extension, a fait valoir M. Dorais jeudi. Depuis 2019, la Ville a procédé à l’acquisition de quatre terrains et immeubles dans ce quartier où 120 logements destinés à une clientèle à faible revenu pourraient voir le jour dans les prochaines années.

Présente à cette conférence de presse, la mairesse de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension, Laurence Lavigne Lalonde, a d’ailleurs souligné la multiplication des problèmes que rencontrent les locataires à faible revenu dans l’arrondissement. Ceux-ci sont notamment confrontés à d’importantes hausses de leur loyer et à des menaces d’éviction, d’où l’importance, selon l’élue, de permettre à des logements abordables de voir le jour dans ce secteur.

« Si les besoins en matière de logement sont généralisés, ils sont particulièrement importants à Parc-Extension. Chaque semaine, le téléphone sonne au bureau, et au bout du fil se trouve une personne désemparée qui est menacée de se faire évincer », a évoqué Mme Lavigne Lalonde jeudi.

Aucun échéancier

Cette transaction, qui devra recevoir l’aval des élus du conseil municipal, vise à réserver ce terrain de la rue Jarry Ouest pour un organisme communautaire qui y réaliserait une trentaine de logements abordables. Aucun échéancier n’existe cependant actuellement pour ce projet, la Ville ignorant comment celui-ci sera financé, plusieurs programmes gouvernementaux en matière d’habitation étant en révision, a indiqué M. Dorais.

« Au moins, l’achat du terrain sera fait », a commenté jeudi la conseillère de Parc-Extension, Mary Deros, qui milite depuis des années pour que des logements abordables voient le jour sur ce site « sale », qui sert en bonne partie de stationnement actuellement. « Après, ça dépend de l’argent qu’on recevra du gouvernement pour le développement. »

C’est d’ailleurs pour faciliter la quête de financement pour ce futur développement que la Ville a opté pour la notion de logements abordables dans ses intentions pour ce site, au moment où les fonds manquent dans la cagnotte d’AccèsLogis Québec pour financer des projets de logements sociaux. « Ça ne veut pas dire que, parce qu’aujourd’hui on entre ça dans la catégorie des logements abordables, on ne pourra pas y faire du logement social », a nuancé M. Dorais, qui a évoqué la possibilité de permettre aux locataires de certains de ces futurs logements d’avoir recours au programme Supplément au loyer.

« C’est certain qu’à Parc-Extension, ce dont nous avons besoin, c’est du logement social, notamment avec des subventions au loyer afin que les locataires de Parc-Extension [à faible revenu] puissent en bénéficier », a d’ailleurs insisté jeudi au Devoir l’organisatrice communautaire au Comité d’action de Parc-Extension, Amy Darwish.

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