Le parc des Gorilles sera reverdi

Le terrain minéralisé est situé dans le secteur Marconi-Alexandra, dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie.
Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le terrain minéralisé est situé dans le secteur Marconi-Alexandra, dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie.

Les efforts concertés des citoyens et de l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie vont finalement permettre de transformer le parc des Gorilles en véritable espace vert. Le site minéralisé fera l’objet d’un réaménagement qui devrait être terminé en 2024.

Le comité exécutif de la Ville de Montréal a accordé mercredi un contrat de 10,3 millions de dollars à Construction Deric pour l’aménagement d’un espace public du secteur Marconi-Alexandra, dans le quadrilatère des rues Saint-Zotique, Saint-Urbain et Beaubien et de l’avenue de l’Esplanade.

Les travaux prévoient la réhabilitation des sols, la construction d’un abri, la plantation d’arbres et de végétaux ainsi qu’un aménagement de rétention des eaux de pluie. Le projet inclut aussi un aménagement transitoire de la rue Waverly. Le chantier débutera en janvier prochain, pour une inauguration en juin 2024.

Pour Frances Foster, du groupe citoyen Les amiEs du parc des Gorilles, cette annonce est l’aboutissement heureux d’une mobilisation citoyenne de longue haleine. « Je suis très contente. Ça représente presque 10 ans d’implication citoyenne et de bénévolat », a-t-elle indiqué.

Abattage d’arbres

L’idée, explique-t-elle, est de recréer l’ambiance un peu « sauvage » qui caractérisait le site avant l’abattage des arbres qui s’y dressaient en 2013.

Le parc des Gorilles est le nom que les citoyens du secteur avaient donné à cet ancien terrain boisé qui appartenait autrefois au Canadien Pacifique. En 2013, le groupe Olymbec, qui en était devenu propriétaire, avait abattu tous les arbres qui s’y trouvaient et avait recouvert le site de gravelle, au grand dam des citoyens.

S’est ensuivie une mobilisation citoyenne appuyée par les élus de Rosemont–La Petite-Patrie. Les résidents avaient tenté de se réapproprier l’espace en y installant des bacs à fleurs, mais Olymbec les avait rapidement sommés de les retirer.

En 2017, faute d’avoir pu acquérir le terrain par voie de négociation, la Ville de Montréal avait finalement procédé à une expropriation. « La mobilisation citoyenne aurait pu tomber à plat si on n’avait pas été, dès le départ, vraiment impliqués dans le dossier, fait valoir le maire de Rosemont–La Petite-Patrie, François Limoges. C’est vraiment l’atterrissage d’une vision commune entre la Ville, l’arrondissement et les citoyens. »

C’est d’ailleurs en concertation avec les citoyens que l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie a élaboré son plan d’aménagement. « C’est un espace très minéralisé, au coeur de Marconi-Alexandra, dans la partie institutionnelle et industrielle, explique l’élu. Ça va être un poumon vert extraordinaire qu’on va créer. Ce n’est pas une allée gazonnée. C’est un aménagement hyperintéressant du point de vue environnemental. »

Ce projet s’inscrit dans le plan directeur de biodiversité adopté par l’arrondissement, souligne M. Limoges. Il franchit une étape décisive à moins d’un mois de la tenue de la conférence mondiale sur la biodiversité qui doit se tenir à Montréal à compter du 7 décembre (COP15).

La Ville profitera du chantier pour remplacer toutes les entrées en plomb du périmètre et procéder à l’enfouissement des réseaux câblés.

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