L’avenir du seul journal francophone de l’Université McGill en jeu

Gabrielle Genest, rédactrice en chef du journal étudiant francophone « Le Délit ».
Marie-France Coallier Le Devoir Gabrielle Genest, rédactrice en chef du journal étudiant francophone « Le Délit ».

Le sort du seul journal francophone de l’Université McGill, Le Délit, est entre les mains des étudiants. Un référendum doit statuer sur le maintien ou non de la cotisation qui assure sa survie, et la crainte que le journal soit forcé de cesser ses opérations est vive.

« Si les étudiants votent un non majoritaire, ça va signifier la fin de nos opérations », lance la rédactrice en chef, Gabrielle Genest.

Un référendum se tient du 14 au 18 novembre afin que les étudiants se prononcent sur le renouvellement de la cotisation individuelle de 6 dollars servant à financer à la fois Le Délit et son pendant anglophone, le McGill Daily, via la Société des publications du Daily (SPD).

« Au cours des dernières années, le revenu publicitaire pour les journaux étudiants a été en chute libre. Plus de 80 % de notre revenu vient des cotisations étudiantes », souligne la rédactrice en chef. Et 20 % des étudiants de l’université sont francophones, rappelle-t-elle. Le journal existe depuis 45 ans.

Un référendum a lieu tous les cinq ans sur le sujet et, contrairement à celui de 2017, il n’y a pas de campagne en faveur du non. Mais cela ne rassure pas pour autant la rédactrice en chef, en raison de « l’indifférence » et de « l’apathie » du corps étudiant.

« Le problème est la participation des étudiants, c’est récurrent, dit Gabrielle Genest. Je pense que le principal enjeu est que les étudiants ne sont peut-être pas conscients de ce que ça représente de voter non. Ça signifierait la perte de deux journaux indépendants sur un campus qui n’en a pas tant que ça, et du seul francophone. »

Rafael Miró, ancien journaliste du Délit ayant travaillé à La Presse et à Radio-Canada et qui se trouve présentement en France pour compléter une maîtrise, a décidé de faire campagne pour tirer la sonnette d’alarme et inciter les étudiants à voter en faveur du maintien de la cotisation.

« Quand j’étais au Délit, il y a un nombre élevé personnes qui m’ont dit qu’on ne servait à rien, qu’on devrait fermer et que c’était bizarre qu’il y ait un journal étudiant francophone à McGill, s’inquiète-t-il. Comme nous sommes perçus comme inutiles, il y a des gens qui votent systématiquement pour nous faire fermer. »

Selon lui, les étudiants qui ne veulent plus payer de cotisation pour les journaux étudiants sont plus mobilisés que ceux qui sont en faveur. D’où l’importance de publiciser cet enjeu, croit-il.

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