Plus de policiers réclamés à Laval au lendemain d’une fusillade près du Collège Montmorency

Le maire de Laval, Stéphane Boyer, presse Québec de l’aider à recruter plus de patrouilleurs et d’enquêteurs au sein du corps de police de la troisième plus grande ville du Québec, au lendemain d’une fusillade survenue près du Collège Montmorency qui a semé l’émoi vendredi soir.

Le maire Boyer et le directeur du Service de police de Laval (SPL), Pierre Brochet, ont tenu un point de presse à 11 h samedi pour faire le point sur la fusillade qui a fait quatre blessés hier soir et forcé des centaines d’étudiants à être confinés pendant environ cinq heures dans le Collège Montmorency. Au lendemain de cette intervention, le suspect est toujours recherché, mais les étudiants vont et viennent dans un calme relatif dans l’établissement collégial, devant lequel les médias ont été conviés samedi.

« Je suis assez anxieuse dans la vie, donc avec ma classe, ça a vraiment été une grosse panique générale », s’est remémorée l’étudiante Coralie Doucet, qui s’est rendue à ce collège de Laval samedi pour aller chercher les biens qu’elle y avait laissés derrière elle la veille en quittant les lieux. Elle appréhende d’ailleurs son retour en classe lundi, dans ces circonstances. « C’est sûr que ça me stresse. »

Les services d’urgence ont été appelés dans un parc situé près du Collège Montmorency à 17 h 22 vendredi soir après que des coups de feu y ont été entendus. Trois des personnes blessées ont été atteintes par des projectiles, a confirmé M. Brochet samedi. Elles ont alors été amenées dans un centre hospitalier, où on ne craignait pas pour leur vie. La quatrième personne a été blessée légèrement par un éclat de balle et a été soignée sur place.

« On va continuer à mettre de la pression sur ces criminels-là, qui n’ont aucun souci pour la vie, font preuve d’une insouciance incroyable pour agir de cette façon-là, près d’un cégep », a déclaré Pierre Brochet. L’événement de vendredi, constate-t-il, démontre que la police de Laval a « encore du travail à faire », notamment pour lutter contre le crime organisé.

« Quand c’est rendu que ça touche même des écoles, des cégeps, c’est préoccupant. Il faut régler ça », opine également Annie Baudet, la mère de Coralie Doucet, qui a attendu pendant des heures vendredi soir, la peur au ventre, que sa fille puisse sortir du Collège Montmorency.

Le directeur du SPL n’a pas voulu fournir d’informations sur le suspect dans cette affaire, qui court toujours. Il a toutefois confirmé que certaines de ses victimes « sont reconnues pour être reliées à des gangs de rue ». Il a d’ailleurs nommé un gang en particulier, les « Flame Heads », auquel serait associée au moins une des victimes. Ce groupe criminalisé « violent » est connu de la police de Laval depuis des années, a-t-il précisé.

Plus de policiers réclamés

 

« On a depuis quelques semaines une vague d’événements qui impliquent le crime organisé », a relevé Stéphane Boyer. Dans les derniers mois, la Ville a investi plusieurs sommes pour faciliter le travail des enquêteurs de son corps de police, en plus de miser sur la prévention de la criminalité et le « développement social », a énuméré le maire de Laval. Un nouveau poste de police est aussi en cours de construction près du boulevard Curé-Labelle, dans le quartier Chomedey, « un des plus chauds à Laval en ce moment » en matière de violence armée.

Or, « visiblement, tout ça n’est pas suffisant. On voit qu’on doit en faire plus », a souligné le maire, qui a d’ailleurs fait part de ses demandes hier au nouveau ministre de la Sécurité publique, François Bonnardel.

« J’aimerais qu’on puisse avoir plus de policiers en patrouille sur la rue, de personnes qui peuvent faire de la filature pour surveiller les suspects pour pouvoir collecter l’information. J’aimerais qu’on puisse avoir plus d’enquêteurs pour que toutes les informations nécessaires pour mener à terme les enquêtes soient colligées, pour que les personnes responsables soient jugées pour leurs crimes », a énuméré le maire Boyer.

Le directeur du SPL a d’ailleurs reconnu que « du renfort serait apprécié » par son corps de police. « C’est quand même la troisième année où on constate une augmentation du nombre de décharges d’armes à feu », a relevé M. Brochet, qui note que son équipe subit « beaucoup de pression », dans ce contexte.

Sentiment de sécurité

 

Aucun des coups de feu tirés hier soir n’a eu lieu dans le Collège Montmorency, mais les quatre personnes blessées ont été repérées dans l’établissement. C’est pourquoi des centaines d’étudiants ont été confinés dans ce bâtiment à partir de 17 h 45, avant de pouvoir quitter les lieux pour rejoindre leurs parents inquiets, peu avant 22 h. Un imposant périmètre de sécurité a été érigé dans ce secteur, tandis que l’accès au campus de Laval de l’Université de Montréal, juste en face du Collège Montmorency, a aussi été bloqué durant cette opération policière.

« On devait mettre en place tous les moyens nécessaires pour assurer la sécurité des personnes qui se trouvaient à ce moment-là dans le cégep, ce qui a été fait », a ainsi relevé Pierre Brochet. Ce dernier a d’ailleurs assuré que le secteur entourant le Collège Montmorency demeure sécuritaire, au lendemain de cette fusillade.

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