Quatre personnes blessées par balle près du collège Montmorency, à Laval

Quatre personnes ont été blessées par balle dans un parc situé sur le terrain du collège Montmorency, au centre-ville de Laval, vendredi soir. Les victimes ont été transportées à l’hôpital, et on ne craint pas pour leur vie. Par mesure préventive, des centaines d’étudiants du cégep ont été confinés pendant environ cinq heures.

Geneviève Major, porte-parole du Service de police de Laval (SPL), a confirmé au Devoir que les coups de feu n’ont pas eu lieu à l’intérieur du collège, mais que les quatre blessés ont été repérés dans l’établissement. C’est pourquoi les occupants du cégep ont été confinés, peu de temps après qu’un premier appel a été reçu, à 17 h 22, pour signaler une première personne blessée.

Les policiers ont érigé un important périmètre de sécurité autour du collège et des bâtiments environnants. Le pavillon lavallois de l’Université de Montréal, situé en face du collège Montmorency sur le boulevard de l’Avenir, a aussi été fermé aux visiteurs, bien que les étudiants qui s’y trouvaient au moment des événements aient pu circuler librement à l’intérieur.

Le SPL a commencé à sortir de premiers étudiants du cégep, au compte-gouttes, vers 22h. Lyes Mansouri était parmi la dizaine d’étudiants à être sortis en premier. Il se trouvait dans le parc du collège au moment où les coups de feu ont retenti.

« Dès que j’ai entendu les coups de feu, j’ai couru vers l’intérieur. J’ai trouvé que le confinement était long, mais c’est surtout choquant que j’aie été à côté des coups de feu. L’important c’est qu’on va bien », a-t-il dit, poussant un soupir de soulagement en franchissant de premiers pas à l’extérieur du périmètre de sécurité. Il raconte qu’une alarme a sonné, vers 17h30, et qu’un message à l’interphone a ordonné aux étudiants de se confiner.

Le suspect toujours recherché

Mme Major indique que le SPL est toujours à la recherche d’un suspect. Il aurait pris la fuite, à l’extérieur du collège. Pour l’instant, le SPL ne connaît ni l’identité du suspect, ni celle des victimes, bien que les policiers les rencontrent au moment où ces lignes sont écrites.

Mme Major conseille aux Lavallois de rester chez eux, à l’intérieur, vendredi soir : « Je ne veux pas inquiéter la population. On est en recherche active présentement. […] Si des gens aperçoivent des rôdeurs dans leur cour, [il faut] composer le 911, on est à la recherche de toutes les informations possibles. »

« C’est assez stressant, nous sommes dans le néant », a confié Frédérike Poirier, une étudiante du collège Montmorency, vers 21h, alors qu’elle se trouvait à l’intérieur du collège et qu’elle attendait de pouvoir sortir. Elle a dû attendre quelques heures avant d’apprendre que le tireur ne se trouvait pas à l’intérieur du collège. « C’est certain que c’est rassurant de l’apprendre », a-t-elle ajouté, tout de même découragée de l’angoissante attente qu’elle a vécue.

Inquiétude devant le collège

Tout au long de la soirée, des centaines de parents et amis des étudiants ont attendu, inquiets, que leurs proches sortent de l’établissement. La plupart sont restés debout sous la pluie pendant des heures, sur le boulevard de l’Avenir, devant l’entrée principale du cégep.

Laurence Legault, une amie de Frédérike Poirier, a ainsi attendu que son amie sorte du cégep. « C’est tellement long, et mon amie ne peut rien me dire. Je pense même qu’on a plus d’informations, ici, à l’extérieur, qu’elle en a de son côté », a-t-elle dit, avant que Frédérike ne sorte.

Laurence est quant à elle sortie du cégep après qu’une alarme a sonné dans l’établissement, juste avant que tout le monde soit confiné à l’intérieur. « J’étais très inquiète, je suis encore sous le choc », dit-elle.

Naji Chbeir, père d’un étudiant de 17 ans qui a été confiné, a attendu sous la pluie pendant des heures. « C’est frustrant parce qu’on n’a pas eu beaucoup de nouvelles de la part du collège et des policiers pendant la soirée. Ils font leur travail, mais nous, on a attendu longtemps », a-t-il dit.

« Je vais rester inquiète jusqu’à ce que je voie mon copain, a expliqué quant à elle Frédérique Teixeira, qui a conduit de Vaudreuil jusqu’à Laval, lorsqu’elle a appris ce qu’il se passait. Je sais qu’il va bien, je reste en contact avec lui, mais j’ai hâte de le voir », a-t-elle ajouté.

Plus tôt dans la journée de vendredi, un homme de 19 ans a été arrêté parce qu’il portait une veste pare-balles devant le cégep de Saint-Jean-sur-Richelieu. À 10 h, la direction du cégep avait envoyé un communiqué pour demander aux étudiants et membres du personnel de se barricader dans des locaux et de fermer les lumières. Il n’y a eu aucun blessé et aucun coup de feu n’a été entendu.

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