Un tunnel caché relance les conjectures sur la découverte du tombeau de Cléopâtre

Le passage, qui fait plus de deux mètres de haut, «assez impressionnant de par ses dimensions», d’après Perrine Poiron, a aussi offert aux archéologues des artéfacts notoires.
Photo: Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités Le passage, qui fait plus de deux mètres de haut, «assez impressionnant de par ses dimensions», d’après Perrine Poiron, a aussi offert aux archéologues des artéfacts notoires.

Déterré à 13 mètres sous le site d’une ancienne cité à l’ouest d’Alexandrie, un tunnel de plus d’un kilomètre de long a ravivé l’espoir que l’on trouve la tombe de la plus célèbre souveraine d’Égypte, après une annonce du ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités.

Est-on réellement près de dénicher le complexe funéraire de « la reine des reines », comme l’a surnommée la bande dessinée Astérix ? Pas si vite, tempère une experte.

Dans la zone du temple de Taposiris Magna, sur la côte nord de l’Égypte, où a été découvert le tunnel, les trouvailles sont légion. « Il y a toujours plein de microdécouvertes chaque année sur ce chantier parce qu’il est très, très, très actif, relève l’égyptologue Perrine Poiron en entrevue au Devoir. Chaque fois, ce site-là fait sensation parce que l’hypothèse de base, c’est que Marc-Antoine et Cléopâtre y seraient inhumés. »

Depuis plusieurs décennies, les fouilles menées par l’Université autonome de Saint-Domingue s’orchestrent effectivement dans le but qu’on mette la main sur le sépulcre du fameux couple. Le complexe religieux datant de l’époque hellénistique, fondé sous Ptolémée II et originellement consacré à Osiris, a récemment révélé qu’une partie du lieu de culte était dédiée à Isis, divinité particulièrement associée à Cléopâtre.

Photo: Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités Une petite tête sculptée de Cléopâtre a permis d’augmenter l’iconographie jusqu’alors connue d’elle.

« On a découvert des petites statuettes, des éléments qui représentent Alexandre le Grand », mentionne la docteure en égyptologie, qui souligne aussi qu’une petite tête sculptée de Cléopâtre a permis d’augmenter l’iconographie jusqu’alors connue d’elle.

Partiellement submergé, le passage, qui fait plus de deux mètres de haut, « assez impressionnant de par ses dimensions », d’après Perrine Poiron, a aussi offert aux archéologues des artéfacts notoires, dont des pièces de monnaie à l’effigie et au nom de la reine et d’Alexandre le Grand.

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Autre fait intriguant : le couloir serait une réplique quasi exacte d’un tunnel situé… en Grèce. Pour Perrine Poiron, l’explication est « excessivement simple ». Lors de cette période, des colonies et des comptoirs grecs ont été établis partout en Méditerranée, y compris en Égypte.

« Le monde était beaucoup moins fermé qu’on se l’imagine, expose la docteure en égyptologie. [Les gens] étaient influencés par leurs multiples racines, comme nous le sommes aujourd’hui. Ce sont des êtres humains qui vivaient leur mondialisation à leur échelle, l’échelle de la Méditerranée. »

Alors, y a-t-il raison de s’exciter ? « Plein de petits éléments pourraient laisser sous-entendre que l’espoir est ici », avance prudemment l’égyptologue. Selon elle, il s’agit donc d’une découverte à surveiller.

« Il n’y a que le temps, les fouilles […] qui vont permettre de trancher la question, ajoute Mme Poiron. Je pense que ça peut être probable. Il y a plusieurs éléments qui laissent à penser que quelque chose d’intéressant est à découvrir sur ce site — c’est indéniable, vraiment. […] Est-ce que ça sera le tombeau de Cléopâtre ? Je ne sais pas, mais je leur souhaite [aux archéologues]. Je nous le souhaite à tous, parce que ça serait une magnifique découverte. Je pense que ça deviendrait la découverte du XXIe siècle. »

« Après Toutânkhamon, ça serait Cléopâtre ! » lance-t-elle en riant.

Avec CTVNews



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