Des étudiants manifestent pour la rémunération des stages

Des centaines d’étudiants se sont réunis à la place Émilie-Gamelin, en plein coeur du centre-ville de Montréal, jeudi après-midi.
Jacques Nadeau Le Devoir Des centaines d’étudiants se sont réunis à la place Émilie-Gamelin, en plein coeur du centre-ville de Montréal, jeudi après-midi.

Des centaines d’étudiants ont manifesté dans les rues de Montréal jeudi après-midi pour réclamer un salaire pour leurs stages, alors que des milliers de futurs enseignants de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) sont en grève depuis la mi-octobre.

« On est un peu tannés d’être traités comme des bénévoles, lance Lena Duque, étudiante en troisième année au baccalauréat en enseignement du français langue seconde à l’UQAM. À notre troisième stage, nous accomplissons 75 % de la charge de travail d’un enseignant. Nous devons faire de la planification et des évaluations, sans salaire. »

« Il n’y a pas de politique contre le harcèlement en stage, c’est difficile à faire reconnaître, renchérit son amie Catherine Francis. C’est important que les choses changent pour les prochains étudiants. On n’arrête pas de se faire répéter que c’est important d’avoir notre diplôme et qu’il manque de profs. Sauf que personne ne prend soin de nous, et plein de monde lâche et est déjà à bout. »

Les deux participaient à une manifestation ayant comme point de départ la place Émilie-Gamelin. Les étudiants d’autres facultés de l’UQAM et d’autres universités étaient également en grève jeudi.

Les étudiants de la Faculté d’éducation de l’UQAM sont de leur côté en grève depuis plusieurs semaines, et ont reconduit le moyen de pression jusqu’au 20 novembre. Une assemblée générale de reconduction est prévue, où les participants se prononceront sur la suite des choses.

« Nous avons eu quelques rencontres avec la Faculté [d’éducation de l’UQAM], mais les premières étaient difficiles, avec très peu d’avancées », mentionne Danaë Simard, chargée aux communications et à la mobilisation de l’Association des étudiantes et étudiants de la Faculté des sciences de l’éducation (ADEESE-UQAM).

« Depuis, il y a plus d’ouverture sur certains dossiers. Mais c’est quelque chose qu’on aurait aimé voir plus tôt dans la grève, ajoute-t-elle. Après quatre semaines et demie de grève, c’est un peu trop tard pour cette petite ouverture. Les étudiants en demandent plus. »

Les futurs enseignants ont rencontré récemment la nouvelle ministre de l’Enseignement supérieur, Pascale Déry, pour lui parler de leurs revendications. Le combat principal des grévistes est d’obtenir de meilleures conditions de stage. Cela inclut la mise en place d’une politique facultaire contre le harcèlement. « Présentement, les deux politiques contre le harcèlement de l’UQAM ne s’appliquent pas sur les milieux de stage, seulement entre les murs de l’UQAM », explique-t-elle.

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