Les enfants de la DPJ sont à risque au Nunavik

Le manque de familles d’accueil et de places en service de garde qui sévit actuellement dans les villages de la baie d’Hudson fait en sorte que «le bien-être des enfants ne peut plus être assuré par la DPJ locale», appuie le syndicat.
Photo: Getty Images Le manque de familles d’accueil et de places en service de garde qui sévit actuellement dans les villages de la baie d’Hudson fait en sorte que «le bien-être des enfants ne peut plus être assuré par la DPJ locale», appuie le syndicat.

Les travailleurs de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) du Nunavik tirent « la sonnette d’alarme » et demandent au gouvernement de « prendre des mesures immédiates » pour mieux protéger les enfants.

« Certains enfants ont fait 10 familles d’accueil différentes en 14 jours », dénonce Roxanne Palardy, du Syndicat des travailleuses et travailleurs des dispensaires de la baie d’Hudson, dans un communiqué de presse publié mercredi par la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).

« Deux enfants ont même été victimes de maltraitance physique, car faute de familles d’accueil, ils ont dû être retournés dans la famille d’où ils avaient été retirés », ajoute Mme Palardy.

« Va-t-il falloir qu’un autre enfant sous la responsabilité de la DPJ meure pour que des actions soient prises ? » s’alarme-t-elle.

Le problème, indique le syndicat, c’est le manque de famille d’accueil et de places en service de garde qui sévit actuellement dans les villages de la baie d’Hudson. Cette situation fait en sorte que « le bien-être des enfants ne peut plus être assuré par la DPJ locale ».

Le syndicat parle même d’une situation « intolérable » et « hors de contrôle » qui perdure depuis plus de deux mois.

Selon les informations fournies dans le communiqué de presse, la situation est à ce point critique que les travailleuses sociales de la DPJ doivent désormais s’occuper des enfants dans leurs propres bureaux, un lieu « inadéquat pour leur développement ». Le syndicat affirme qu’elles auraient eu sous leur garde jusqu’à sept enfants de moins de cinq ans dans leur bureau.

Cette situation entraîne inévitablement des retards dans les autres dossiers, ajoute le syndicat. « Cela donne lieu à une escalade des problématiques où presque chaque dossier devient urgent, ce qui ouvre la porte à des situations explosives où la DPJ ne peut plus assurer la protection des enfants qui doivent demeurer dans des familles où ils sont à risque de mauvais traitements. »

Selon la FSSS, des discussions ont eu lieu avec la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik pour « trouver des solutions », mais « rien ne bouge », assure-t-on.

Au moment où ses lignes étaient écrites, mercredi, l’équipe des communications de la Régie régionale n’avait pas répondu à la demande du Devoir.

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