Renouer avec le voyage

Mélanie Gagné
Collaboration spéciale
Des touristes voguent à bord d’une gondole sur le Grand Canal, à Venise.
Photo: Miguel Medina Agence France-Presse Des touristes voguent à bord d’une gondole sur le Grand Canal, à Venise.

Ce texte fait partie du cahier spécial Vivre pleinement

Après avoir vu plusieurs de leurs rêves de voyages s’étioler en raison de la pandémie, les aînés souhaitent maintenant réaliser leurs projets. Bien qu’ils aient soif de voyager, ils sont prudents et veulent le faire en toute sécurité.

Bien des moments précieux de découverte du monde ont été mis de côté en raison de la pandémie. Les aînés québécois ont toutefois recommencé à faire leurs bagages pour partir explorer le globe. « On n’est pas encore revenu au niveau d’avant la pandémie, mais le désir de mordre dans la vie est bien présent. On a pris conscience de l’importance du voyage pour la santé mentale », explique Marc-Antoine Vachon, titulaire de la Chaire de tourisme Transat de l’UQAM.

De son côté, Sébastien Forest, président de Voyages Traditours, constate que les réservations sont en hausse, notamment avec la levée des règles sanitaires à l’entrée au Canada : « Certains clients sont plus prudents, mais d’autres affirment avoir perdu deux ans de leur vie et souhaitent rattraper le temps perdu. »

Marc-Antoine Vachon observe que les aînés qui ont recommencé à voyager choisissent davantage les voyages accompagnés et font appel aux agences de voyages pour planifier leurs périples. En d’autres mots, ils ont besoin de partir la tête en paix, avec la certitude qu’ils sont en sécurité. « La pandémie a eu un impact direct sur les intentions de voyages des aînés. Il a fallu les rassurer beaucoup, notamment au sujet des règles sanitaires des destinations choisies. Ils privilégient plus qu’avant les sorties accompagnées, personnalisées. »

Voyages Traditours se spécialise dans les voyages de groupes francophones pour les retraités et les semi-retraités. Sébastien Forest note que depuis le mois d’octobre, le niveau de réservations approche celui d’avant la pandémie : « Il y a une recrudescence. Les gens ont hâte de voyager. La formule de voyage de groupes est rassurante. C’est la future façon de voyager, selon un sondage interne effectué auprès de 1100 personnes abonnées à notre infolettre. En mars, avril et mai derniers, les gens allaient surtout en Europe ou au Pérou. C’était plus lent pour l’Asie et l’Afrique. Puis, la confiance est revenue. À l’hiver et au printemps, des voyageurs visiteront la Thaïlande, le Vietnam, l’Afrique du Sud. Pour plusieurs retraités, les voyages font partie de leurs plans de vie. »

Personnalisation des services

 

Depuis 2020, on ne compte plus les voyages qui ont été retardés ou annulés. Bien que les voyageurs dans l’âme aient pris de l’âge, leur soif d’explorer le monde est encore vive. Cela a fait naître de nouveaux services. Par exemple, en Australie, des voyageurs âgés peuvent avoir accès à des soignants personnels afin de faciliter leur séjour. Certains musées dans le monde organisent des activités pour des personnes atteintes de démence ou de problèmes de santé mentale. Dans de nombreux pays touristiques, on cherche aussi à rendre plus simple la mobilité des aînés d’un endroit à l’autre.

Il existe par ailleurs de nombreuses assurances pour les voyageurs. Le président de Traditours conseille aux vacanciers de bien s’informer au sujet des couvertures en cas de COVID. « Il faut être certain d’être bien couvert si l’on doit, par exemple, s’isoler pendant cinq jours et que cela fait en sorte que l’on manquera notre vol de retour. Ça peut avoir plusieurs répercussions. » Sébastien Forest et son équipe recommandent à leur clientèle d’être très prudente, de porter le masque s’il le faut, parce que ce n’est pas simple d’être malade à l’étranger, surtout si l’on a besoin de soins.

En solo

 

Berthier Pearson, 84 ans, de Matane, a visité 57 pays en voyageant seul avec son sac à dos. Il n’est jamais allé dans des hôtels : il préférait être logé chez les locaux et en apprendre sur eux et leur mode de vie. Pandémie ou pas, les explorateurs comme lui semblent ne pas changer de comportement : « Je ne prends jamais de voyage de groupes. Je voyage seul. J’aime un endroit, j’y reste ! Je ne l’aime pas, je quitte… sans discussion. J’irai à Londres, probablement en 2023, pour rendre visite à mes filles. » Mais les aventuriers de la trempe de M. Pearson ne sont pas majoritaires… Traditours a d’ailleurs relancé la formule de voyages de groupes solos : « C’est un ajustement post-COVID, pour répondre à un besoin. Il y a une grande attraction actuellement. On a une quinzaine de destinations. Nos groupes ne sont pas formés que de célibataires ou de personnes veuves. Il y a aussi des personnes en couple dont le conjoint ou la conjointe ne veut pas voyager. » Les voyages en petits groupes sont aussi très tendance.

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