Que savoir sur le changement d’heure prévu cette fin de semaine?

Les Québécois et la plupart des Canadiens gagneront une heure de sommeil dans la nuit de samedi à dimanche. Signe que l’hiver approche à grands pas, ils perdront toutefois une heure de clarté en soirée jusqu’à l’arrivée du printemps.

Les régions nord-américaines qui font usage de l’heure d’été avancent montres et cadrans d’une heure le deuxième dimanche de mars et les reculent d’une heure le premier dimanche de novembre. À 2 h du matin dimanche, il sera donc seulement 1 h.

Ce texte fait partie de notre section Vigie numérique.

Ce recul sera automatique sur la plupart des téléphones, ordinateurs et autres appareils « intelligents », mais devra être effectué manuellement samedi soir sur bien des horloges, réveille-matin… et cuisinières, notamment. Il est également recommandé de profiter de ce moment pour changer les piles des détecteurs de fumée des résidences.

Mais avec ce rendez-vous resurgit aussi le débat sur le changement d’heure. Plusieurs provinces canadiennes ont déjà songé à l’abolir ; la Saskatchewan, le Yukon et certaines régions de la Colombie-Britannique ont déjà franchi ce pas. Le premier ministre québécois, François Legault, avait d’ailleurs songé à renoncer à cette pratique pas plus tard qu’en 2020.

La question revient alors encore cette année : est-ce la dernière fois que l’on reculera l’heure au Québec ? Pour le moment, rien n’indique que le rituel sera aboli.

Ailleurs dans le monde, on compte près de 70 pays qui adhèrent à cette pratique, dont les États-Unis, le Mexique, Cuba, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la plupart des pays d’Europe, où le recul de l’heure s’est fait dans la nuit du 29 octobre au 30 octobre.

Quels effets sur la santé ?

Au-delà de nos appareils électroniques, notre corps et notre esprit peuvent eux aussi être affectés par le changement d’heure à venir.

Le recul de novembre a toutefois moins d’effets sur la santé que le bond du printemps, puisqu’on gagne une heure de sommeil, explique Nadia Gosselin, professeure au Département de psychologie de l’Université de Montréal et directrice scientifique du Centre d’études avancées en médecine du sommeil au CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal.

Par contre, les personnes plus sensibles en la matière — les insomniaques, par exemple — risquent de davantage souffrir de problèmes de sommeil lors de la prochaine semaine, souligne-t-elle.

Mais, de façon générale, le recul de l’heure aura surtout une incidence sur l’humeur, explique la professeure : on aura moins de lumière pendant la journée et la température se refroidit.

« Le principal synchroniseur de notre horloge circadienne, c’est la lumière. Être exposé à la lumière, particulièrement le matin, ça nous permet d’avoir plus d’énergie dans la journée, mais aussi d’avoir un meilleur sommeil, parce qu’il y a un plus grand contraste entre le jour et la nuit », explique Mme Gosselin.

En ce sens, d’un point de vue biologique, le recul de l’heure en novembre peut être bénéfique, dit-elle. « Si on gardait l’heure d’été, ça veut dire qu’on n’aurait pas de lumière avant 8 h le matin. Et dans certaines villes, ça irait même jusqu’à 9 h. C’est donc mieux pour l’organisme de garder l’heure d’hiver pour avoir accès à la lumière le matin », poursuit-elle.

Pourquoi change-t-on l’heure ?

Le rituel du changement d’heure, d’abord apparu en Allemagne en 1916, a été instauré au Canada deux ans plus tard afin d’accroître la production durant la Première Guerre mondiale. La loi canadienne sur l’heure avancée a ensuite été abandonnée, avant d’être rétablie lors de la Seconde Guerre mondiale.

De 1988 à 2006, le Canada suivait le rythme américain, où l’heure était avancée le premier dimanche d’avril et reculée le premier dimanche d’octobre. En 2005, afin d’économiser de l’énergie, l’ancien président américain George W. Bush a décidé de prolonger la période d’heure avancée aux États-Unis pour qu’elle s’étende du deuxième dimanche de mars au premier dimanche de novembre. Pour des raisons pratiques et économiques, les provinces et les territoires canadiens ont emboîté le pas en 2007.

Le prochain changement d’heure, le passage à l’heure d’été, aura lieu dans la nuit du samedi 11 mars au dimanche 12 mars 2023. L’heure de sommeil alors perdue sera compensée par une heure de clarté retrouvée.



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