Vaste mobilisation contre la violence en Iran

Une imposante foule arborant les couleurs du drapeau iranien s’est d’abord massée près des Jardins Gamelin avant de défiler peu après 14 h 30 rue Berri, puis sur le boulevard René-Lévesque, en direction de la place du Canada.
Zacharie Goudreault Le Devoir Une imposante foule arborant les couleurs du drapeau iranien s’est d’abord massée près des Jardins Gamelin avant de défiler peu après 14 h 30 rue Berri, puis sur le boulevard René-Lévesque, en direction de la place du Canada.

Plus d’un millier de personnes, au bas mot, ont défilé samedi après-midi dans les rues du centre-ville de Montréal pour dénoncer le régime oppressif au pouvoir en Iran et réclamer le respect des droits et libertés des résidents de ce pays ébranlé depuis des semaines par une série de protestations.

« Ça fait 43 ans qu’ils sont en train de tuer, de torturer les Iraniens. Ils coupent toutes les voix qui sont contre eux. Il n’y a aucune liberté en Iran », a lancé samedi Amir Malaki, un père de famille d’origine iranienne qui a pris part samedi après-midi à cette mobilisation. Il faisait ainsi référence au régime islamique au pouvoir en Iran depuis la révolution de 1979.

Une imposante foule arborant les couleurs du drapeau iranien s’est d’abord massée près des Jardins Gamelin avant de défiler peu après 14 h 30 rue Berri, puis sur le boulevard René-Lévesque, en direction de la place du Canada, où les manifestants ont abouti peu après 16 h. « Qu’est-ce que l’on veut ? La liberté ! » ont scandé les protestataires à maintes reprises pendant cette marche.

De nombreux manifestants brandissaient des affiches dénonçant le régime au pouvoir en Iran ou encore montrant le visage de certaines des personnes qui ont péri sous les mains des forces de l’ordre dans ce pays, où des contestations sont souvent réprimées dans la violence. Ils sont plusieurs à appeler à une révolution pour mettre fin au régime dictatorial de l’ayatollah Ali Khamenei.

Peu après 15 h, les manifestants se sont immobilisés quelques minutes sur le boulevard René-Lévesque, un bras dans les airs, tandis qu’une musique émouvante résonnait dans la foule. Au premier rang de celles-ci se trouvaient des manifestants qui avaient peint leurs mains en rouge, triste métaphore des conséquences du régime oppressif en Iran. « C’est un régime inhumain, qui tue les gens », a soupiré Paris Ro, rencontrée dans la foule samedi. « Il y a une seule solution : on veut une révolution, on ne veut plus du régime islamique. On veut vivre librement », ajoute-t-elle.

Cette dernière compte d’ailleurs plusieurs proches en Iran qui, malgré les risques, continuent de manifester régulièrement dans les rues du pays. « Ils sont dans la rue pour dénoncer le régime intenable. Oui, c’est dangereux, mais on va aller jusqu’au bout », lance-t-elle, déterminée.

Cette manifestation s’inscrit dans une série de protestations qui ont lieu chaque semaine dans plusieurs grandes villes du monde depuis le décès le 16 septembre dernier de Mahsa Amini. La jeune femme de 22 ans est morte trois jours après avoir été arrêtée à Téhéran par la police des moeurs pour infraction au code vestimentaire de la République islamique. « Le voile, ça a été la dernière goutte pour la patience des Iraniens », se rappelle ainsi Amir Maiki.

Selon un décompte réalisé par l’ONG Iran Human Rights, basée à Oslo, au moins 215 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre depuis le début des manifestations qui ont suivi la mort de Mahsa Amini.

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