Le projet de Maison de la francophonie de Toronto pourrait coûter plus de 17 millions

L’immeuble dans lequel pourrait s’installer la Maison de la francophonie de Toronto
Photo: Capture d’écran / Google Maps L’immeuble dans lequel pourrait s’installer la Maison de la francophonie de Toronto

La création de la Maison de la francophonie de Toronto, un espace qui regrouperait plusieurs organismes francophones de la Ville Reine, pourrait coûter plus de 17 millions de dollars, d’après les dernières estimations de son comité fondateur.

Le plan est en gestation depuis plus d’une décennie. Il y a un an, les discussions avec Patrimoine canadien, dont les fonds sont nécessaires à sa réalisation, étaient à un point mort, menaçant son avenir. Mais depuis les élections fédérales de 2021, des discussions plus constructives ont eu lieu, affirme le président du comité menant le projet, Kip Daechsel.

Une première demande de financement de 12 millions de dollars avait été envoyée au ministère fédéral en 2019. Elle a été revue à la hausse l’été dernier à la lumière d’une évaluation indépendante du coût d’achat et de rénovation de l’espace devant accueillir la Maison de la francophonie réalisée à la demande de Patrimoine canadien.

Le prix du bâtiment historique situé au nord du centre-ville de Toronto est évalué à environ 12,5 millions de dollars ; le comité fondateur devra quant à lui débourser 5 millions en rénovations. Le fond de capital-investissement prêt à vendre l’espace contribuerait toutefois à hauteur d’un million de dollars au projet une fois la transaction conclue.

Selon Kip Daechsel, le vendeur est prêt depuis deux ans à offrir cet espace à un prix semblable à celui fourni par l’expert indépendant. Mais le comité fondateur n’est pas sorti de l’auberge : le fédéral effectue maintenant sa propre évaluation. « On n’est pas convaincu que c’est nécessaire », juge-t-il. Cette décision n’est pas sans risque, d’après l’avocat de formation. Le premier expert « a pris le temps de comprendre le contexte de la transaction et l’utilisation prévue », soutient M. Daechsel, et si le nouvel évaluateur, qui n’a pas encore parlé au comité, ne fait pas le même travail et arrive à une évaluation moins élevée que le prix de l’entente, le projet pourrait tout simplement tomber à l’eau.

Un financement essentiel

 

Le président du comité fondateur est clair : si le fédéral retire son financement, le projet  « est mort ». Le gouvernement ontarien, pour sa part, ne participe pas à l’effort. D’autres menaces guettent aussi le plan actuel, comme la possibilité qu’un acheteur décide d’offrir davantage au vendeur pour acquérir l’espace destiné à la Maison de la francophonie de Toronto, qui est situé dans un quartier prisé de la capitale ontarienne, non loin du parlement et de deux stations de métro.

La création de la Maison remédierait « à un problème chronique des OSBL francophones à Toronto, dont les ressources sont souvent insuffisantes pour couvrir la location de locaux appropriés », avance le comité fondateur dans une lettre envoyée à ses partenaires, dont certains de ses futurs locataires. Plusieurs organismes ont manifesté de l’intérêt pour le projet ces trois dernières années, sans toutefois s’y lier juridiquement. L’un des plus grands locataires potentiels de la Maison de la francophonie serait une garderie occupant 40 % de l’espace d’environ 10 000 pieds carrés.

Interrogé à savoir quelle serait la réponse du comité si le gouvernement fédéral lui demandait de trouver un espace commercial moins dispendieux, Kip Daechsel répond par la négative. « On a déjà passé 15 ans pour trouver cet endroit qui correspond aux demandes de la communauté, c’est-à-dire qu’il est central, disponible, près des transports en commun et avec un bon stationnement public, explique-t-il. On est au bout du rouleau. »

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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