Violentes altercations: un policier de Québec accusé de voies de fait

Les interventions filmées et largement diffusées dans les médias avaient semé l’émoi concernant le comportement des policiers.
Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Les interventions filmées et largement diffusées dans les médias avaient semé l’émoi concernant le comportement des policiers.

Le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) porte des accusations contre un policier de Québec impliqué dans de violentes interventions filmées, survenues près de la Grande Allée en novembre 2021.

Jacob Picard, 27 ans, devra comparaître le 28 novembre au palais de justice de Québec. Il fait face à des accusations de voies de fait ayant causé des lésions corporelles.

Le BEI avait ouvert deux enquêtes à la suite de la diffusion, sur les réseaux sociaux, de vidéos montrant de violentes interventions menées par l’unité GRIPP du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Ces enquêtes se penchaient sur deux événements : un premier survenu autour du 20 novembre 2021 près de la discothèque Le Dagobert, à l’angle de la Grande Allée et de la rue de la Chevrotière, et un autre survenu autour du 17 octobre de la même année au District, un établissement licencié de la rue Saint-Joseph, en basse ville de Québec.

Ces interventions, filmées et largement diffusées dans les médias, avaient semé l’émoi concernant le comportement des policiers. Dans l’intervention menée sur la Grande Allée, l’agent Picard lance à un citoyen : « Veux-tu que je te “gaze”, mon osti ? C’est-tu ça que tu veux ? », avant de le projeter violemment contre une voiture. Dans la deuxième, filmée par une caméra de surveillance, il pousse brutalement un homme contre un mur sans provocation apparente.

À la suite d’une enquête interne, le SPVQ avait lui-même conclu que des gestes criminels avaient pu être commis par le policier. La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, avait demandé au BEI d’enquêter pour faire la lumière sur les gestes perpétrés par l’agent.

Près d’un an après les faits, le Bureau a annoncé que Jacob Picard devra faire face à des accusations. « Par respect pour le processus judiciaire et pour ne pas nuire à celui-ci, le BEI n’émettra aucun autre commentaire », a-t-il conclu dans un bref communiqué diffusé lundi.

Dès l’ouverture des enquêtes en novembre 2021, le SPVQ avait astreint les cinq policiers impliqués à des tâches administratives. Quatre d’entre eux ont regagné la patrouille quelques mois plus tard, et seul Jacob Picard demeurait loin du terrain.

« Le SPVQ a été mis au fait de la suite du dossier, indique le service de police dans un courriel. Nous avons pris connaissance de la décision et nous nous gouvernerons en conséquence. Pour ce qui est du constable Picard, il est actuellement affecté à des tâches administratives. »

Le maire de Québec, Bruno Marchand, estime que le dénouement de l’enquête montre que la population peut avoir confiance en le processus judiciaire. « Je pense que les gens peuvent voir qu’il n’y a pas de cachettes. Il y a des processus et ces processus-là, pour être bien faits, prennent du temps, a indiqué M. Marchand en point de presse, lundi après-midi. Les gens auraient aimé que ce qui est annoncé aujourd’hui le soit plus tôt, en janvier, en mars, en avril. Je pense que dans ces situations-là, il faut prendre le temps qu’il faut. »

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