Un homme au passé trouble visé par une agression armée à Estérel

Des policiers enquêtaient vendredi dans le stationnement du complexe hôtelier, où un large périmètre de sécurité a été déployé. 
Photo: Julien Cadena Le Devoir Des policiers enquêtaient vendredi dans le stationnement du complexe hôtelier, où un large périmètre de sécurité a été déployé. 

Une agression armée digne d’un film policier est survenue vendredi après-midi à Estérel, une petite municipalité bucolique des Laurentides. Valeriy Tarasenko, un homme de 44 ans, a été blessé. Ce dernier est reconnu pour avoir eu des liens avec Inna Yashchyshy, qui a fait l’objet d’une enquête pour avoir infiltré l’entourage de l’ex-président américain Donald Trump sous une fausse identité.

La Sûreté du Québec (SQ) confirme que l’agression n’a fait qu’une seule victime, alors que La Presse et Radio-Canada ont rapporté mercredi après-midi que trois victimes avaient été atteintes par balle.

L’agression est survenue près du vaste complexe hôtelier Estérel Resort. Le maire d’Estérel, Frank Pappas, contacté par Le Devoir, raconte avoir rencontré la SQ et avoir vu les vidéos de surveillance du complexe hôtelier. Il a expliqué que la victime a d’abord été aperçue sur le trottoir près du stationnement de l’hôtel, puis qu’on l’aurait emmenée à bord d’une automobile.

Quelques minutes plus tard, la victime est rentrée à l’hôtel, blessée, et les secours ont été appelés vers 12 h 45. La SQ, qui a ouvert une enquête, n’a pas voulu confirmer l’identité de la victime qui a été transportée à l’hôpital. Des sources de Radio-Canada et de La Presse, ainsi qu’un agent de la SQ rencontré par M. Pappas, ont toutefois confirmé qu’il s’agit bel et bien de M. Tarasenko. Il n’était pas client de l’Estérel Resort.

M. Tarasenko est un entrepreneur, qui, selon certains comptes de réseaux sociaux qui portent son nom, serait ressortissant russe. Il a été partenaire d’affaires d’Inna Yashchyshy, une jeune femme dans la trentaine qui a fait la manchette à la suite d’une enquête journalistique du Pittsburgh Post-Gazette et de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP).

L’enquête avait révélé que Mme Yashchyshy se serait fait passer pour une membre de la famille Rothschild — une riche dynastie européenne — afin de se rapprocher de l’entourage de Donald Trump. Elle a toutefois nié les allégations d’espionnage la visant et a affirmé que Valeriy Tarasenko aurait voulu la faire passer pour une espionne russe.

Une agression « ciblée »

M. Pappas affirme que, selon ce que lui ont confirmé les policiers, l’attaque à l’endroit de M. Tarasenko était « ciblée » et que, donc, « malgré les circonstances malheureuses, on peut rassurer les citoyens, ils peuvent se sentir en sécurité ». Habituellement, « il ne se passe tellement rien » dans la petite ville, a d’ailleurs affirmé Christelle Lefebvre, résidente d’un chalet à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, tout près des lieux du crime.

Au moment où ces lignes étaient écrites, la SQ était toujours à la recherche des suspects, qui n’ont pas été identifiés. Des témoins ont d’ailleurs été rencontrés dans le cadre de l’enquête.

Un large périmètre de sécurité a été établi devant le complexe hôtelier, dont le stationnement est demeuré fermé pendant plusieurs heures.

 

Par contre, « il n’y a pas eu de véritable impact sur l’hôtel ou les clients », a soutenu le directeur général d’Estérel Resort, Nicolas Korfag, rencontré sur les lieux. Seuls quelques clients ont annulé leurs réservations de vendredi soir lorsqu’ils ont entendu parler de l’affaire. La plupart des clients de l’hôtel se trouvaient face au lac, de l’autre côté du complexe par rapport à la scène du crime, et ne se sont donc pas rendu compte des événements.

À voir en vidéo