Des projets de logements sociaux en manque de financement

Les OSBL en habitation réclament des partis en campagne électorale de ne pas se contenter de lancer des promesses, mais de s’assurer, une fois l’élection passée, que le financement est octroyé afin que les projets de logements sociaux puissent se réaliser.
Jacques Nadeau Le Devoir Les OSBL en habitation réclament des partis en campagne électorale de ne pas se contenter de lancer des promesses, mais de s’assurer, une fois l’élection passée, que le financement est octroyé afin que les projets de logements sociaux puissent se réaliser.

Des projets de logements sociaux et communautaires tardent à voir le jour ou sont carrément abandonnés en raison des retards dans le financement par Québec, déplorent les OSBL en habitation qui pressent le prochain gouvernement et les partis d’opposition de s’assurer du respect des engagements en matière d’habitation.

« Presque tous les partis disent vouloir soutenir le logement social ou abordable. Personne n’est contre la vertu. On lance des chiffres à chaque élection. […] Mais quand vient le temps de concrétiser les projets, c’est là que ça commence à être un peu plus difficile », a résumé mercredi Chantal Desjardins, directrice générale de la Fédération des OSBL d’habitation de Montréal (FOHM).

La FOHM avait convoqué les médias sur un terrain vague du secteur Angus, dans Rosemont-La Petite-Patrie, où l’organisme Loggia prévoit construire 78 logements sociaux, dont 10 sont destinés à des adultes avec déficience intellectuelle. Les plans sont prêts, la Ville de Montréal a acheté le terrain et il ne reste qu’à lancer l’appel d’offres pour démarrer le chantier. Sauf que Loggia attend depuis trois ans le financement promis par Québec. « Combien de temps ce terrain va demeurer vide ? » se demande Catherine Boucher, directrice des Habitations communautaires Loggia. « Dans le contexte de la crise du logement, de pénurie et de hausse des coûts des loyers et de l’inflation, c’est inacceptable. »

Ce qui l’inquiète aussi, c’est que chaque mois qui passe fait augmenter les coûts de construction. « Les montants qui sont alloués sont basés sur des coûts d’il y a 5, 10 ou 15 ans », déplore-t-elle.

Selon la FOHM, 29 projets à Montréal se retrouvent dans une situation similaire et attendent leur financement de Québec. « Combien de temps encore devrons-nous attendre ? On ne le sait pas », se questionne Chantal Desjardins.

Un projet abandonné

 

De son côté, Alain Rioux, directeur des Toits de Mercier, a dû lâcher prise. Le projet de 91 logements sociaux que l’organisme comptait réaliser en partenariat avec un promoteur immobilier sur un terrain situé à l’angle des rues Sherbrooke et Aubry a dû être abandonné car le financement de Québec ne s’est jamais matérialisé malgré deux ans d’attente. « Aujourd’hui, malheureusement, le projet est aux mains du privé. Le même logement, qui devait se louer 900 $, va se louer 1600 $. On ne peut pas en vouloir [aux promoteurs immobiliers], c’est le marché », s’est désolé M. Rioux.

Les OSBL sont encouragés par la détermination affichée par les municipalités dans le dossier de l’habitation. Celles-ci ont d’ailleurs obtenu un droit de préemption qui leur permet de mettre la main sur des terrains pour des projets de logements sociaux. « Mais s’il n’y a pas d’argent, les terrains vont rester vides », fait valoir Chantal Desjardins.

Les OSBL en habitation réclament des partis en campagne électorale de ne pas se contenter de lancer des promesses, mais de s’assurer, une fois l’élection passée, que le financement est octroyé afin que les projets de logements sociaux puissent se réaliser.

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