Les Atikamekw répondent à Legault :« le problème n’est pas réglé»

Pendant le débat jeudi soir, le chef caquiste a déclaré que «le problème qui est arrivé avec Mme Joyce [Echaquan] à l’hôpital de Joliette, il est maintenant réglé».
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Pendant le débat jeudi soir, le chef caquiste a déclaré que «le problème qui est arrivé avec Mme Joyce [Echaquan] à l’hôpital de Joliette, il est maintenant réglé».

Au lendemain du premier débat des chefs, le Conseil des Atikamekw de Manawan (CDAM), le Conseil de la nation atikamekw (CNA) ainsi que le conjoint de Joyce Echaquan s’insurgent contre un commentaire de François Legault. Il a déclaré, lors du débat, que « le problème qui est arrivé avec Mme Joyce [Echaquan] à l’hôpital de Joliette, il est maintenant réglé ».

Ce n’est pas ce qu’en pensent ses adversaires politiques, ni les principaux intéressés dans l’affaire Joyce Echaquan, dont son conjoint, Carol Dubé. Dans une lettre envoyée vendredi par son avocat, on apprend même que M. Dubé veut rencontrer M. Legault depuis deux ans pour discuter de racisme systémique, mais que ce dernier n’a jamais satisfait sa demande.

Pourtant, le premier ministre avait affirmé, lors du débat, avoir rencontré M. Dubé. Le conjoint de Joyce Echaquan répond plutôt que la seule fois qu’il a rencontré M. Legault, c’était dans des circonstances « fortuites », lors de la visite du pape.

« Monsieur Dubé n’a jamais indiqué au premier ministre que la situation était “réglée” », peut-on lire dans la lettre. M. Dubé affirme également qu’avec la nomination de Guy Niquay, un Atikamekw de Manawan, à titre d’adjoint à la présidente-directrice générale du CISSS de Lanaudière, M. Legault s’en « lave les mains par pensée magique ».

Même son de cloche du côté des Atikamekw de Manawan. Dans un communiqué commun publié vendredi, le CDAM et le CNA critiquent le refus du premier ministre de reconnaître le racisme systémique.

 

« Le problème demeure, et il est impératif de le régler de façon pérenne. Cela commence par la reconnaissance de l’existence du racisme systémique en adoptant le Principe de Joyce, tel qu’il a été rédigé », affirme Constant Awashish, grand chef de la nation atikamekw.

Les conseils atikamekw et Carol Dubé demandent donc au gouvernement d’adopter le Principe de Joyce, qui reconnaîtrait, entre autres, le droit à l’autonomie et à l’autodétermination des peuples autochtones en matière de santé et de services sociaux, ainsi que leur droit à recevoir ces services sans aucune discrimination.

Cela fait toutefois presque deux ans que le gouvernement de la Coalition avenir Québec refuse de l’adopter.

Divisions politiques

 

François Legault a également été fustigé de critiques de la part de ses adversaires à cet égard lors du débat, surtout de Dominique Anglade et de Gabriel Nadeau-Dubois.

La cheffe libérale s’est dite « sidérée » par la déclaration du premier ministre sortant. « Il banalise toute la question du racisme systémique, il banalise la relation avec les Autochtones », s’est insurgée Mme Anglade.

« Ce n’est pas vrai », a quant à lui répliqué Gabriel Nadeau-Dubois. « Vous n’êtes pas premier ministre de Joliette, vous êtes premier ministre du Québec », a-t-il dit. Les deux chefs ont fait comprendre qu’ils demandaient au premier ministre de reconnaître le Principe de Joyce.

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