Mamadou Konaté sera bientôt expulsé

Cet «ange gardien», au pays depuis six ans, devrait être expulsé d’ici la fin du mois.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Cet «ange gardien», au pays depuis six ans, devrait être expulsé d’ici la fin du mois.

L’Agence des services frontaliers du Canada a remis une date d’expulsion à Mamadou Konaté, un travailleur essentiel pendant la pandémie. D’origine ivoirienne, le demandeur d’asile habite au Canada depuis 2016, mais il pourrait devoir quitter le pays le 30 septembre. Une vigile est prévue à Montréal, la semaine prochaine, en son soutien.

« Évidemment, je suis vraiment déçu. On a présenté un dossier étoffé, je ne comprends pas la décision », soutient son avocat, Me Guillaume Cliche-Rivard.

Ce dernier a donc émis une « demande d’examen des risques » que l’expulsion poserait à l’endroit de M. Konaté à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Le ministère doit trancher « d’ici la fin de la semaine », indique Me Cliche-Rivard.

Selon lui, une expulsion poserait de sérieux risques à son client : « Les risques n’ont pas été évalués depuis 2018, mais ils se sont accentués depuis, parce que M. Konaté a appuyé, sur les réseaux sociaux, Guillaume Soro, l’ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire », condamné l’été dernier à la prison à perpétuité pour tentative de coup d’État.

C’est d’ailleurs parce que M. Konaté avait fait partie d’un groupe ayant participé à des tentatives de renversement d’un gouvernement qu’Ottawa avait refusé de lui accorder un statut de réfugié.

« Amnistie internationale a déposé un rapport prouvant qu’il serait arrêté et peut-être même torturé s’il revenait dans son pays », ajoute Me Cliche-Rivard. Amnistie internationale ainsi que le Nouveau Parti démocratique et Québec solidaire — pour qui l’avocat est présentement candidat dans Saint-Henri–Sainte-Anne — ont tous plaidé en faveur de M. Konaté dans le passé.

Me Cliche-Rivard précise que si l’IRCC décide de ne pas évaluer les risques de l’expulsion de son client, il pourrait contester la décision en Cour fédérale, voire porter plainte auprès du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

M. Konaté a travaillé comme préposé à l’entretien dans des CHSLD de Montréal pendant la première vague de COVID-19. N’ayant pas fourni de « soins directs » aux patients, il ne se qualifie toutefois pas au programme d’accès à la résidence permanente pour les « anges gardiens ».

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