La Foire des Possibles veut inspirer l’action citoyenne

Présenter des «initiatives locales qui rendent nos quartiers écologiques et conviviaux» ; tel était le but de la Foire des Possibles. En photo, un jardin communautaire à Montréal.
Photo: Julien Cadena Le Devoir Présenter des «initiatives locales qui rendent nos quartiers écologiques et conviviaux» ; tel était le but de la Foire des Possibles. En photo, un jardin communautaire à Montréal.

Présenter des « initiatives locales qui rendent nos quartiers écologiques et conviviaux » ; tel était le but de la Foire des Possibles. L’événement a réuni samedi quelques centaines de curieux au parc Molson, dans l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie, à Montréal.

L’organisateur, Solon, a toujours misé sur la participation citoyenne. L’organisme est né en 2015 de la collaboration de « cinq voisins qui voulaient changer les façons de faire », raconte Daphné Le Templier, coordinatrice des projets de transition socioécologique.

« Le but [de la Foire des Possibles], c’est vraiment de donner une vitrine aux initiatives de quartiers » et de créer un espace de « discussion », explique-t-elle. Solon assure ensuite un suivi avec les différents exposants.

L’Équipage citoyen engagé donne notamment accès pendant sept mois « à des formations, des soirées de discussion et des moments de réseautage pour consolider le pouvoir d’agir » d’une quinzaine de citoyens, explique Chloé Dodinot, coordinatrice de Solon.

L’organisme chapeaute également l’Espace des Possibles dans la Petite-Patrie et Ahuntsic, qui propose des activités de réseautage et de sensibilisation aux habitants.

« Tout ce qu’il se passe à l’Espace des Possibles contribue soit à créer de la cohésion sociale entre les habitants, soit à faire de la sensibilisation sur les enjeux de transition socioécologique », résume le bénévole Marin Thomas.

Pour cela, Solon peut compter sur le soutien de la Ville, qui collabore avec « beaucoup de projets » présentés à la foire, indique le maire de Rosemont-La-Petite-Patrie, François Limoges. « Ce sont des partenaires de l’arrondissement sur une base régulière. »

Parmi les quelques kiosques visités, c’est le projet de Bois Public qui a interpellé Michel Lalande. « Je trouve qu’on jette beaucoup de choses, puis moi, je répare tout à la maison. J’aimerais pouvoir aider à ce niveau-là », dit-il.

Fondé en 2016, l’organisme à but non lucratif « valorise les arbres dépérissants des municipalités à travers le Québec » condamnés à l’abattage, explique la directrice générale Marie-Ève Dontigny. En collaborant avec des ateliers en insertion socioprofessionnelle, Bois Public fabrique du mobilier urbain, des tables de cuisine et des lits, liste Mme Dontigny en pointant du doigt un banc du parc Molson conçu par l’organisme.

Impliquée dans le comité Partage ta terre, qui « jumelle les citoyens qui ont un terrain et ne l’utilisent pas avec des gens qui ont envie de jardiner », Selma Vorobief est souvent à la recherche de terrains cultivables pour combler la demande. Face à elle, les membres de la Petite Plaza disent manquer de jardiniers. « C’est intéressant. […] On va faire des connexions comme ça entre initiatives », commente-t-elle.

Financée par l’arrondissement, la Petite Plaza cultive notamment des fruits et légumes sur la terrasse du CHSLD Auclair, qui sont ensuite donnés au Centre de ressources et d’action communautaire du quartier, explique Juliette De Maeyer.

« Ce qui nous intéresse vraiment, c’est le voisinage, tisser des liens à l’intérieur de notre milieu de vie », ajoute la résidente du quartier impliquée dans le projet.

Né en 2021, le regroupement de citoyens a été « beaucoup aidé par la pandémie », estime Laurier Beaudoin. « Les gens voulaient sortir, ils voulaient faire quelque chose, puis ils ne pouvaient pas voyager ». « Je pense aussi qu’avec la pandémie, les gens ont compris que leur milieu de vie était important », renchérit Mme De Maeyer.

Un projet de société

 

L’environnement n’était toutefois pas le seul sujet à l’honneur. En début d’après-midi, des gnomes géants et une fanfare déambulaient parmi les citoyens intrigués. L’humoriste Coralie LaPerrière était, quant à elle, attendue à 19 h pour un « spectacle d’humour engagé ».

« On parle d’un projet de société. Et derrière un projet de société, c’est autant la lutte contre la pauvreté, les questions sociales, le vivant et l’environnement, mais aussi la culture. C’est un vecteur d’imaginaire et de changement [et les artistes] sont essentiels dans ce genre d’événement », estime Mme Dodinot.

Une deuxième foire aura lieu le 24 septembre au parc Tolhurst, dans Ahuntsic, et Daphné Le Templier assure qu’à long terme, Solon souhaiterait voir naître des Foires des Possibles dans tous les quartiers.

Preuve en est, l’événement n’intéresse pas seulement les habitants de l’arrondissement. Agente de développement pour la Corporation de développement communautaire de l’agglomération de Longueuil, Maude Labonté est venue, avec une collègue, « s’inspirer » des initiatives de Solon et des projets citoyens. « On veut voir ce qu’il se passe et ce qu’il serait possible de faire, avec notre réalité, la motivation et les idées des gens avec qui on travaille ».

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