Le Québec navigue de moins en moins en français sur la Toile

Le portrait numérique des régions illustre un recul du français, qui gagne les Québécois jusque dans la sphère virtuelle.
Getty Images / iStockphoto Le portrait numérique des régions illustre un recul du français, qui gagne les Québécois jusque dans la sphère virtuelle.

Le Québec navigue de moins en moins en français sur la Toile. Les internautes québécois ne sont plus que 64 % à utiliser principalement la langue de Tremblay sur Internet, une diminution de 12 points de pourcentage par rapport à 2020. Pour la première fois depuis le début de la parution des enquêtes NETendances, une majorité d’internautes montréalais utilise l’anglais comme langue d’usage sur le Web.

« Cette baisse de l’utilisation de la langue française pour naviguer sur Internet est en concordance avec la diminution de l’usage du français comme première langue officielle parlée à la maison qui a été observée récemment par Statistique Canada », mentionne Claire Bourget, directrice à l’Académie des transformations numériques (ATN) de l’Université Laval.

Le portrait numérique des régions présenté jeudi par l’ATN illustre un recul du français qui gagne les Québécois jusque dans la sphère virtuelle. La métropole, selon l’analyse, connaît le ressac le plus important depuis deux ans, avec une diminution de 18 points de pourcentage de la proportion des internautes qui privilégient d’abord le français sur la Toile. Aujourd’hui, seulement 43 % des Montréalais naviguent principalement dans cette langue, contrairement à 52 % qui le font en anglais.

La Capitale-Nationale suit de près avec un recul de 17 points de pourcentage de recul au cours de la même période. En 2020, 9 personnes sur 10 naviguaient principalement en français dans la région, une proportion passée, deux ans plus tard, à 7 personnes sur 10. La Montérégie et les Laurentides accusent aussi un important déclin, l’usage du français sur Internet y ayant respectivement baissé de 79 % à 62 % et de 87 % à 71 % au cours des deux dernières années.

La Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine ont connu une tendance contraire depuis 2020, puisque le français a gagné du terrain sur Internet dans cette région. Aujourd’hui, selon l’enquête NETendances, 95 % des internautes naviguent en français, en hausse de 10 points de pourcentage par rapport au précédent portrait, paru il y a deux ans.

La Côte-Nord plus branchée

 

L’enquête dessine aussi le portrait des quelque 475 000 adultes québécois, soit 7 % de la population en âge d’aller voter du Québec, qui n’ont aucun accès à Internet à la maison. Les trois-quarts d’entre eux ont plus de 55 ans, la forte majorité (85 %) détient un diplôme primaire ou secondaire, la moitié vit seule et gagne un revenu familial de moins de 40 000 $.

Le portrait numérique des régions montre également que depuis deux ans, la Côte-Nord a réussi à rattraper son retard par rapport au reste du Québec quant aux nombres de foyers branchés à Internet. Environ 95 % des domiciles de la région sont désormais connectés à la Toile, une hausse de 7 points de pourcentage par rapport à 2020. La moyenne québécoise, à ce chapitre, s’élève à 93 %.

Les résultats de l’enquête proviennent de 10 collectes de données réalisées entre octobre 2021 et juillet 2022 auprès de plus de 11 000 Québécois âgés de 18 ans et plus. La majorité des informations récoltées découlent de questionnaires complétés en ligne.

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