Attaques au couteau en Saskatchewan: le suspect court toujours

La Gendarmerie royale du Canada demandait mardi aux résidents de la région de se barricader immédiatement en lieu sûr.
Darryl Dyck Archives La Presse canadienne La Gendarmerie royale du Canada demandait mardi aux résidents de la région de se barricader immédiatement en lieu sûr.

Un avis lancé via le système d’alerte d’urgence de la Saskatchewan indique qu’une enquête plus approfondie de la GRC a déterminé que Myles Sanderson ne se trouve pas dans la petite communauté crie de James Smith, contrairement à ce que suggérait une alerte précédente.

Un peu plus tôt mardi après-midi, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait indiqué que des policiers encerclaient une résidence dans le village de James Smith, après avoir été informés que Myles Sanderson aurait été vu dans cette communauté.

 

Myles Sanderson échappe donc encore aux autorités. La GRC demande aux résidants de se barricader en lieu sûr. Myles Sanderson, âgé de 30 ans, pourrait être blessé, mais l’homme est considéré comme dangereux et ne devrait pas être approché par des citoyens, prévient la police.

Myles Sanderson est l’un des deux suspects dans les agressions meurtrières au couteau perpétrées en fin de semaine à plusieurs endroits dans la communauté crie de James Smith et dans le village voisin de Weldon, au nord-est de Saskatoon.

Le corps de l’autre suspect relativement à ces agressions, Damien Sanderson, âgé de 31 ans, avait été découvert lundi dans une zone herbeuse de la communauté crie de James Smith, non loin de l’une des 13 scènes de crime. La GRC a précisé que ses blessures ne semblaient pas avoir été auto-infligées. Selon la police, les deux hommes sont frères.

La GRC a déclaré que 10 hommes et femmes avaient été tués et 18 autres blessés dans les agressions de dimanche — sans compter les suspects.

L’Association des vétérans autochtones de la Saskatchewan a par ailleurs confirmé sur Facebook le décès d’Earl Burns, affirmant qu’il était un ancien combattant du Princess Patricia’s Canadian Light Infantry.

La soeur de M. Burns a confirmé son décès dans une déclaration sur le site d’information « paNow » à Prince Albert. Deborah McLean indique que son frère était décédé en protégeant sa famille et que sa femme était aux soins intensifs.

La police avait ratissé une vaste zone en Saskatchewan, mais aussi émis des alertes au Manitoba et en Alberta, les deux provinces voisines. À Regina, à trois heures de route au sud de la communauté crie de James Smith, la police avait été informée en fin de semaine de la présence d’un véhicule que les suspects pourraient avoir utilisé.

La peur s’est installée

Cette immense zone de recherche a laissé plusieurs communautés sur le qui-vive depuis dimanche. Les dirigeants de la Fédération des nations autochtones souveraines ont lancé un appel pressant pour retrouver Myles Sanderson, priant ceux qui sauraient où il se trouverait de se manifester rapidement pour mettre fin à cette tragédie sans faire d’autres victimes.

Les documents de libération conditionnelle montrent que Myles Sanderson possède un casier judiciaire qui remonte à près d’une vingtaine d’années et qu’il a une propension à la violence lorsqu’il est intoxiqué.

« Vos antécédents criminels sont très préoccupants, notamment l’usage de la violence et des armes liées à vos infractions répertoriées, et vos antécédents de violence conjugale », indique le document obtenu par La Presse canadienne.

M. Sanderson avait obtenu une « libération d’office » de prison en août 2021, mais cette libération a été révoquée par la commission environ quatre mois plus tard, parce que le prévenu n’avait pas communiqué avec son agent de libération conditionnelle.

Dans le document, la commission déclare plus tard qu’elle rétablit sa libération d’office avec une réprimande, et conclut que M. Sanderson « ne présentera pas de risque indu pour la société ».

La GRC n’a pas précisé les mobiles de ces agressions, mais croit que certaines des victimes avaient été ciblées et d’autres choisies au hasard.

Entraide et soutien

 

En attendant un dénouement dans cette tragédie, des habitants de la région ont serré les coudes autour des victimes et des communautés touchées. Une campagne de collecte de fonds en ligne a été lancée pour les victimes et leurs familles dans la communauté crie de James Smith. On avait recueilli plus de 92 000 $ mardi matin.

Une organisation de jardins communautaires près de Prince Albert a annoncé sur les réseaux sociaux qu’elle enverrait des produits à la communauté pour des veillées funèbres et d’autres rassemblements dans les jours à venir. Sur la page Facebook de Jessy’s Garden, on lançait mardi un appel à bénévoles pour donner un coup de main.

Dans la ville voisine de Melfort, lundi soir, les joueurs des Mustangs, de la ligue de hockey junior A, ont observé un moment de silence pour les victimes avant leur match de présaison contre les Hawks de Nipawin.

 

Le premier ministre, Justin Trudeau, a promis mardi « d’envoyer les ressources nécessaires pour en finir avec cette crise et pour permettre aux gens de guérir, de faire leur deuil ».

« Le gouvernement fédéral est en train d’envoyer les ressources nécessaires à la police locale, aux autorités pour avoir tout ce dont ils ont besoin pour garder les gens en sécurité », a assuré M. Trudeau à Vancouver.

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