Deux duos se présentent pour diriger le Parti vert du Canada

L’un des couples de candidats inclut la députée de Colombie-Britannique et ex-cheffe du Parti, Elizabeth May.
Photo: Adrian Wyld Archives La Presse canadienne L’un des couples de candidats inclut la députée de Colombie-Britannique et ex-cheffe du Parti, Elizabeth May.

Diriger le Parti vert du Canada (PVC) pourrait bientôt se faire à deux. Quatre des six aspirants chefs dont le parti a accepté la candidature se présentent en duo, une formule qui sera expliquée lors de leur présentation officielle, samedi.

L’un des couples de candidats comprend la députée de Colombie-Britannique et ex-cheffe du Parti Elizabeth May. La vétérane du plus petit parti représenté à la Chambre des communes se présente avec Jonathan Pedneault, Québécois de 32 ans dont la carrière est passée par les organisations humanitaires Amnistie internationale et Human Rights Watch.

« Elizabeth et moi sommes deux personnalités très complémentaires, de plusieurs manières. Elle représente la stabilité du parti, et moi, je représente sa croissance », a expliqué Jonathan Pedneault au Devoir. Il se voit déjà débattre d’environnement avec le favori de l’autre course à la chefferie, celle du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre.

L’autre partenariat dans la course est formé du Montréalais et ex-leader étudiant de l’Université Concordia Chad Walcott, avec Anna Keenan, agricultrice militante originaire de l’Australie et candidate verte de l’Île-du-Prince-Édouard. M. Walcott a décrit au Devoir leur candidature conjointe comme « rejoignant les valeurs socialistes et pragmatique » et prête à épouser les causes associées à la gauche politique.

Les deux autres candidats se présentent seuls : le fonctionnaire et candidat vert dans la circonscription québécoise de Hull-Aylmer Simon Gnocchini-Messier ainsi que l’écrivaine ontarienne Sarah Gabrielle Baron, qui a été candidate indépendante lors du dernier scrutin fédéral.

Se remettre de la crise interne

 

Le PVC a traversé une importante crise interne peu avant, et pendant la dernière campagne électorale, en 2021. Ayant subi la défection d’une députée et été critiquée par son aile québécoise, l’ex-cheffe Annamie Paul a fait les manchettes notamment pour avoir passé toute la campagne dans sa propre circonscription, où elle est finalement arrivée quatrième.

L’avocate torontoise a ensuite claqué la porte du parti, avec lequel elle était en conflit devant les tribunaux, qualifiant son passage en politique de « la pire période de [sa] vie ».

Par la suite, le PVC a imposé plus de règles pour les candidats à la succession de Mme Paul. Les aspirants chefs du cinquième parti représenté aux Communes devaient par exemple amasser des signatures de membres à l’extérieur de leur province, et passer un examen de langue pour démontrer leur bilinguisme, sauf pour les candidats autochtones.

Le parti imposait aussi un strict embargo des communications avec les médias aux candidats jusqu’à cette semaine. Un ancien proche collaborateur d’Annamie Paul, Noah Zatzman, a d’ailleurs critiqué tout le processus, qu’il perçoit comme étant taillé sur mesure pour paver la voie au retour de l’ex-cheffe Elizabeth May.

Les règles de la course ont eu pour conséquence de décourager ou d’exclure plusieurs candidatures, notamment celles de l’ex-député du NPD de la région de Québec Denis Blanchette ou encore de la candidate du Parti vert dans Beauport-Limoilou Dalila Elhak.

Le candidat albertain Najib Jutt, pour sa part, a catégoriquement refusé de subir l’épreuve linguistique, sous le prétexte que l’exigence du français était discriminatoire pour les immigrants. Sa lettre de justification présente l’anglais comme « la langue parlée par la plupart des Canadiens », et l’exigence de bilinguisme comme contraire aux valeurs d’équité et d’inclusion.

La constitution du PVC ne permet l’élection que d’un chef, mais donne le droit au vainqueur de nommer des chefs adjoints. Il est attendu qu’en cas de victoire de l’une des deux personnes d’une candidature conjointe, celle-ci nomme son partenaire comme chef adjoint. La formation n’exclut pas de changer sa constitution pour officialiser le concept de double direction pour l’avenir.

La rencontre de samedi, présentée comme une première entre les six candidats et les membres du parti, sera l’occasion pour les duos de candidats d’expliquer comment ils comptent diriger le parti à deux. Les membres auront jusqu’au mois de novembre pour se faire une tête.

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