Des revendications à remettre de l’avant

Camille Feireisen
Collaboration spéciale
La FTQ demande une loi-cadre sur la conciliation travail-famille, dont l’importance a été exacerbée durant la pandémie.
Getty Images La FTQ demande une loi-cadre sur la conciliation travail-famille, dont l’importance a été exacerbée durant la pandémie.

Ce texte fait partie du cahier spécial Syndicalisme

À un mois des élections, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) a déjà posé ses revendications sur la table pour le prochain gouvernement. Des revendications qui touchent à des enjeux actuels, comme l’environnement, la santé et l’éducation.

« Finalement, nos priorités reviennent, sensiblement identiques, année après année », lance le président de la FTQ, Daniel Boyer. Pour lui, les élections sont le moment propice pour se faire entendre. La FTQ et ses affiliés représentent plus de 600 000 travailleurs québécois. La campagne électorale est l’occasion de faire résonner leurs voix.

« Les élections sont toujours une bonne occasion pour nous de parler de nos attentes et de notre vision pour une société plus juste et plus égalitaire. C’est dans cette période que les orientations politiques sont prises et deviennent des enjeux électoraux qui pourront influer sur les décisions gouvernementales », dit-il.

En juin déjà, la FTQ avait lancé une campagne publicitaire à la radio pour critiquer le bilan du gouvernement Legault. Sachant que la période électorale sera de courte durée, l’organisation veut se tenir prête pour être certaine que les sujets qui lui tiennent à cœur ne seront pas oubliés.

Une plateforme à l’image des travailleurs

Avant d’écrire sa plateforme, l’organisation syndicale avait consulté les Québécois, avec la firme Léger, sur leurs intérêts et priorités, dans un contexte d’inflation galopante et d’augmentation des taux d’intérêt.

Il y a eu peu de surprises sur les cinq principaux sujets mentionnés, note Daniel Boyer : les Québécois veulent d’abord des réinvestissements dans le réseau de la santé, une amélioration du réseau de l’éducation, une meilleure lutte contre les changements climatiques, l’amélioration de vie des personnes âgées et une meilleure conciliation travail-famille.

« Finalement, leurs préoccupations sont les mêmes que celles qu’on met en avant, et cela nous permet d’interpeller les partis sur leurs engagements. On remet des sujets dans l’espace public, pour qu’ils soient vus et entendus », souligne-t-il.

Environnement, éducation et santé

 

Selon le président de la FTQ, malgré les intentions de vote favorables à la CAQ, les Québécois restent insatisfaits du bilan du gouvernement en santé, en environnement et en éducation. La plateforme de la FTQ comprend donc neuf priorités, qui vont de l’augmentation du salaire minimum à 18 $ à la mise en place d’un régime public et universel d’assurance médicaments.

« Le prix de nos médicaments explose. Notre régime coûte de plus en plus cher et, au Québec, 15 % des gens n’ont pas les moyens de se procurer de médicaments. Cela a des conséquences sur notre système de santé », assure-t-il.

La FTQ milite aussi pour que la lutte contre les changements climatiques devienne une priorité pour le gouvernement et soit accompagnée par une transition énergétique, favorisant la formation et la réorientation des travailleurs qui seront touchés. Daniel Boyer estime que ces changements sont essentiels, mais que la province tarde à réagir.

Pénurie de main-d'œuvre

 

Un autre point sur lequel insiste Daniel Boyer est l’importance de la conciliation travail-famille, qui a été exacerbée durant la pandémie et pour laquelle la FTQ demande une loi-cadre. Car s’il sent une ouverture du côté de certains employeurs, il faudra des changements en profondeur et politiques, selon lui.

« Les conditions d’emplois sont importantes, et il faut en revaloriser certains avec des pénuries, comme en santé et en éducation », dit-il. Des pistes de solution : des horaires plus stables, plus de congés et de vacances.

Interpeller et noter les partis

 

Comme c’est la tradition à chaque élection, les différents chefs de parti sont ensuite invités à rencontrer les membres du Bureau de direction de l’organisation syndicale pour répondre à chacune des revendications proposées.

Cela permet de produire un tableau comparatif des engagements de chacun sur le site Internet de la FTQ. « Il y a des smileys. Quand la revendication est remplie, c’est un sourire, sinon le smiley est dubitatif ou mécontent », explique Daniel Boyer.

Mais les syndicats ne sont pas là que pour critiquer, rappelle Daniel Boyer, ils sont aussi prêts à s’asseoir avec les partis politiques pour trouver des solutions pérennes destinées au bien-être des travailleurs.

Et pour le président de la FTQ, pas question de dire aux Québécois pour qui voter. Il s’agit plutôt de « mettre sous les projecteurs les décisions qui ne répondent pas aux priorités de la population et les engagements pris par les chefs des partis sur les enjeux qui les intéressent ». L’organisation syndicale assure d’ailleurs qu’elle ne soutiendra aucun parti politique.

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