Deux ans moins un jour de prison pour Luc Wiseman

L’ancien producteur Luc Wiseman
Avanti Groupe L’ancien producteur Luc Wiseman

L’ex-producteur de télévision québécois Luc Wiseman a écopé d’une peine de prison de deux ans moins un jour pour des contacts sexuels sur une adolescente de 12 ans.

L’homme de 65 ans sera aussi soumis à une probation de trois ans.

Cette peine était une suggestion commune de la Couronne et de la défense, que le juge Pierre Labelle a entérinée vendredi.

 

Wiseman avait plaidé coupable à un chef d’accusation le mois dernier, renonçant ainsi à son enquête préliminaire ainsi qu’à son procès. Il a fait des attouchements à sa jeune victime à trois occasions, en 2020 et en 2021.

À l’origine, il faisait face à cinq chefs d’accusation, dont agression sexuelle, contacts sexuels et voies de fait sur une personne âgée de moins de 16 ans. Il était également accusé de production et de possession de matériel pédopornographique.

Deux de ces accusations ont été abandonnées, et Wiseman a été acquitté de celles de production et de possession de pornographie juvénile.

 

L’homme avait été arrêté en mai 2021. En plaidant coupable en juillet, il s’était adressé à la cour : « Je voudrais […] dire à quel point je regrette les gestes que j’ai commis »

« Je sais que ce sont des gestes qui sont répréhensibles. J’espère de tout coeur que [la victime] puisse avoir tout le soutien nécessaire […] pour l’aider à passer à travers cette épreuve-là », avait-il ajouté.

Vendredi, le juge Labelle a indiqué que la peine suggérée était juste et raisonnable. Il a tenu compte de certains facteurs atténuants, comme le fait que Wiseman a rapidement plaidé coupable lors du processus criminel — évitant ainsi à sa victime de devoir témoigner —, le risque de récidive jugé « presque nul » par le magistrat et le fait que le délinquant s’est pris en main en commençant un suivi psychologique.

En prononçant la peine, le juge a souligné le courage de la victime d’avoir dénoncé les gestes qu’elle a subis, et s’est adressé à elle.

« Il n’y a rien dans cette décision qui peut effacer ce qui est arrivé. Je ne peux que souhaiter que vos souffrances puissent diminuer avec le temps et que les gens qui vous entourent vous apportent tout le réconfort et la bienveillance nécessaires. »

Il a aussi rappelé que des attouchements ne sont pas moins graves qu’une agression sexuelle, car ils peuvent être tout aussi lourds de conséquences pour la victime, en la blessant au plus profond de son intégrité et de sa dignité. Le juge Labelle a rappelé que celle-ci a témoigné vivre encore avec du stress, de l’anxiété et qu’elle fait des crises de panique. Elle a des difficultés scolaires ainsi qu’à socialiser, ce qui la mène à s’isoler et à éviter divers endroits. « Elle vit avec un sentiment de peur », a déploré le juge.

Propriétaire d’Avanti Groupe, qui coproduit notamment l’émission Tout le monde en parle, il avait aussi à son actif d’autres productions connues, comme La petite vie, Un gars, une fille, Détecteurs de mensonges et Piment fort. Il avait quitté ses fonctions au sein de la maison de production peu après son arrestation.

Luc Wiseman sera également fiché dans le registre des délinquants sexuels pendant 20 ans.

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