Le PLQ se défend auprès de l’électorat anglophone à Montréal

«Le seul parti qui a voté contre la loi 21 et contre la loi 96, c’est le Parti libéral», s’est défendue Mme Anglade, lors de l’investiture de sa candidate Élisabeth Prass au parc Pierre Elliott Trudeau, à Côte Saint-Luc.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Le seul parti qui a voté contre la loi 21 et contre la loi 96, c’est le Parti libéral», s’est défendue Mme Anglade, lors de l’investiture de sa candidate Élisabeth Prass au parc Pierre Elliott Trudeau, à Côte Saint-Luc.

« Le seul parti qui a voté contre la loi 21 et contre la loi 96, c’est le Parti libéral », a lancé, lundi, sa cheffe, Dominique Anglade, lors de l’investiture de sa candidate dans D’Arcy-McGee, bastion du parti sur l’île de Montréal. La présentation de la candidate Elisabeth Prass a été l’occasion pour le parti de réitérer son engagement de défendre les intérêts « des anglophones et des communautés minoritaires ».

Lors de l’événement au parc Pierre Elliott Trudeau, à Côte-Saint-Luc, la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ) a notamment répété sa promesse de rendre optionnels les cours de ou en français obligatoires dans la réforme de la loi 101 du gouvernement caquiste — la « loi 96 ». Rappelons qu’initialement, le PLQ avait soumis un amendement pour obliger les étudiants des cégeps en anglais à faire trois cours de formation en français pour obtenir leur diplôme.

La cheffe Anglade s’est aussi portée, à nouveau, en faveur du financement d’un agrandissement du collège Dawson, et contre la loi 21.

Elisabeth Prass, la nouvelle candidate du parti dans D’Arcy-McGee, n’a d’ailleurs pas mâché ses mots à l’égard de la Coalition avenir Québec : « François Legault m’a dépouillée de mon identité en tant qu’anglophone. […] Aux yeux du gouvernement, je ne suis pas anglophone, parce que je ne suis pas admissible pour aller à l’école en anglais », a-t-elle dit, en anglais, en référence à la « loi 96 ».

François Legault m’a dépouillée de mon identité en tant qu’anglophone

 

D’Arcy-McGee, qui englobe les villes de Côte-Saint-Luc, Hampstead, ainsi qu’une partie du quartier Côte-des-Neiges à Montréal, est une circonscription à forte majorité anglophone. Il s’agit d’un château fort historique du Parti libéral.

Soutiens en baisse

 

Même si le PLQ risque encore de remporter les élections dans cette circonscription — ainsi que dans tout l’ouest de l’île de Montréal —, selon le site d’agrégation de sondages Qc125, la popularité du parti dans D’Arcy-McGee baisse, à l’aube du déclenchement de la campagne électorale. Le PLQ obtiendrait aujourd’hui 59 % des voix, alors qu’en 2014, il avait récolté 92 % des voix, et 74 % en 2018.

L’une des raisons qui pourrait expliquer cette baisse des intentions de vote est l’arrivée de nouveaux partis qui souhaitent également modifier, voire abroger, les politiques du gouvernement de François Legault en matière de langues officielles et de signes religieux.

Bonnie Feigenbaum, une ancienne membre de l’Association libérale de D’Arcy-McGee qui se présente pour le Parti conservateur du Québec (PCQ) dans la circonscription, a critiqué, plus tôt ce mois-ci, la « terrible performance de la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade » pour défendre la communauté anglophone dans le dossier de la « loi 96 ». En date du 20 août, selon Qc125, le PCQ était quatrième dans les intentions de vote à D’Arcy-McGee, à 9 %, derrière la Coalition avenir Québec (16 %) et Québec solidaire (12 %).

Le Bloc Montréal, de Balarama Holness, et le Parti canadien du Québec, tous deux fondés en réponse à la « loi 96 » et aux hésitations du parti de Dominique Anglade sur ce dossier, tenteront aussi de défendre les préoccupations des minorités linguistiques pendant la campagne.

Par ailleurs, à D’Arcy-McGee, le seul candidat qui n’était pas sous la bannière du Parti libéral à avoir été élu dans les 50 dernières années est Robert Libman, en 1989. Ce dernier avait fondé le Parti Égalité dans le but de défendre le fédéralisme et les droits des anglophones, en réponse en réponse à la loi 178 du gouvernement Bourassa qui visait à amender la loi 101.

Une version précédente de ce texte indiquait que Robert Libman avait fondé le Parti Égalité dans le but de défendre le fédéralisme et les droits des anglophones, en réponse à la loi 101 du Parti québécois. Il a plutôt fondé ce parti en réponse en réponse à la loi 178 du gouvernement Bourassa qui visait à amender la loi 101.

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