On «n’attendra pas après François Legault», dit Duhaime

Une foule de militants exaltés s’est rassemblée dans une salle suffocante pour le lancement de la campagne du Parti conservateur du Québec (PCQ) intitulée « Liberté 22 », avant même que les élections ne soient déclenchées. Le chef Éric Duhaime a soutenu dimanche qu’il n’attendait « pas après François Legault » pour donner le coup d’envoi.

« PCQ, PCQ, PCQ », a scandé en choeur la foule, en attendant l’ouverture de l’événement par Anne Casabonne, candidate dans la circonscription d’Iberville, en Montérégie. Le lancement avait lieu au complexe Capitale Hélicoptère, près de l’aéroport Jean-Lesage de Québec.

« On n’est pas habitués d’avoir autant de monde que ça; la prochaine fois, on va demander le Centre Vidéotron », a lancé la comédienne, en montant sur scène. Des militants se sont d’ailleurs vus refuser l’entrée, car la salle avait atteint sa capacité maximale de 800 personnes.

Tour à tour, des candidats du parti ont défilé sur scène. « Aujourd’hui, on a 120 candidats sur 125 », a dit Éric Duhaime en s’adressant à la foule, après avoir été accueilli avec une forte musique et un tonnerre d’applaudissements.

M. Duhaime a rappelé l’importance à ses militants de faire du porte-à-porte, de planter des affiches électorales sur leur terrain et d’être présents sur les réseaux sociaux « durant les 43 prochains jours ». Le gouvernement ne peut toutefois déclencher officiellement la campagne électorale qu’entre les 25 et 29 août prochains, en vertu de la Loi électorale.

« Ça fait des semaines que M. Legault dilapide de l’argent et fait des campagnes publicitaires », a fait valoir M. Duhaime, en mêlée de presse après son discours. Derrière lui, des militants se sont fait immortaliser devant l’autobus de campagne, dévoilé le même jour. « On s’est donné le go sans Legault », ajoute-t-il, en référence au slogan caquiste de 2014.

Plus tôt, un semi-remorque sur lequel on peut lire le slogan conservateur « Libres chez nous » a été accueilli sous les applaudissements de partisans qui se tenaient dehors, devant le stationnement.

Libertés individuelles

 

Éric Duhaime a martelé les principaux thèmes de sa plateforme électorale intitulée « Liberté 22 » et présentée le 14 août dernier. La formation politique fera campagne sur les baisses d’impôt et de taxes, l’ouverture au privé en santé, le rejet du projet de tramway à Québec, l’exploitation des hydrocarbures et la révision du mode de financement des services de garde.

Le chef conservateur a affirmé qu’il était temps de dire « Bye bye Legault » le 3 octobre prochain. « Jamais on n’avait piétiné les libertés individuelles comme le gouvernement Legault l’a fait », a-t-il asséné au sujet de la pandémie, dans la chaleur de la salle.

« Est-ce que vous voulez continuer avec les confinements à répétition ? » a demandé Éric Duhaime à la foule. Cette dernière a répondu « non » en choeur.

Pour Vicky Cyr, une militante, ce sont d’ailleurs les confinements décrétés durant la pandémie qui la feront voter pour le PCQ et non pour la CAQ.

Même si François Legault a annoncé récemment qu’il n’était pas question de ramener des mesures sanitaires obligatoires en septembre, le premier ministre a « étiré l’élastique » durant la pandémie, selon Mme Cyr. « On est tannés », souffle la femme de 42 ans, rencontrée devant une table où se trouve une bouteille de désinfectant pour les mains.

Dans le stationnement, Olivier Pry, venu de Montmagny, discute vivement avec d’autres militants. Son vote ira au PCQ, car M. Duhaime est un homme « posé, logique et qui a un sens extrêmement aigu de la démocratie », lance l’homme de 55 ans.

Ce dernier, arborant une casquette et un chandail à l’effigie de la formation politique conservatrice, estime que les autres chefs de parti ne répondent pas à ces critères.

« J’ai été trompé par le parti politique pour lequel j’ai voté », ajoute M. Pry, en référence à son choix de la Coalition avenir Québec (CAQ), en 2018. « Je n’ai pas voté pour tout ce que François Legault a fait, je n’ai pas voté pour un gouvernement qui allait mettre la démocratie sur pause. »

« Régler le cas »

Le chef conservateur a réitéré qu’il n’avait pas été agressif lors du dévoilement de sa plateforme en vantant les électeurs voulant « régler [le] cas » du premier ministre François Legault.

« Régler le cas, le 3 octobre, ça veut dire battre, et battre ce n’est pas battre avec ses poings, a-t-il précisé. C’est battre avec des bulletins de vote dans des boîtes de scrutin le soir quand on compte des votes. »

Selon M. Duhaime, cela témoigne de « la nervosité pour ne pas dire la panique » de ses adversaires. Ils « en sont réduits aujourd’hui à essayer d’interpréter et voir dans mes propos de la violence là où il n’y en a pas ».

En date du 20 août, les projections électorales du site Qc125 ne donnent aucun siège à la formation politique d’Éric Duhaime le 3 octobre prochain, mais tout de même 13 % des intentions de vote.

La lutte s’annonce chaude dans quelques circonscriptions, notamment celle de Chauveau où le chef conservateur affrontera l’actuel député caquiste Sylvain Lévesque. Même scénario dans Beauce-Sud et Beauce-Nord, où le PCQ suit de près la CAQ dans les intentions de vote.

Le PQ dévoile son slogan électoral discrètement

Le Parti québécois a dévoilé dimanche en toute discrétion le slogan de sa prochaine campagne électorale : « Le Québec qui s’assume. Pour vrai ». La formation l’a annoncé sur les réseaux sociaux et a envoyé un communiqué aux médias. Le chef de la formation, Paul St-Pierre Plamondon, a semblé faire appel au passé indépendantiste de son adversaire caquiste François Legault, pour expliquer ce slogan. « Au Parti québécois, nous croyons que ce n’est pas en renonçant à nos idées ou à nos convictions que nous les ferons avancer, de la même manière que comme nation, ce n’est pas en cédant à la résignation que nous ferons avancer nos intérêts », a-t-il déclaré. M. St-Pierre Plamondon compte faire campagne en martelant divers sujets comme le déclin du français, les changements climatiques, la santé, la culture et l’immigration.

La Presse canadienne



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